Kamaldine : destin de star

Aïcha Kamaldine Conté est actuellement l’une des plus grandes stars de la musique en Afrique de l’Ouest. La Guinéenne est également la protégée du célébrissime arrangeur malien Boncana Maïga. Entrevue avec la nouvelle sensation musicale du Continent, à l’occasion d’un récent passage à Paris.

Propos recueillis par David Cadasse

Il a fallu quatre années et demi de patience à Kamaldine, pour qu’elle puisse enfin travailler avec le « Maestro » Boncana Maïga. L’attente n’aura donc pas été vaine, tant le succès est au rendez-vous. En effet, l’artiste guinéenne est devenue l’une des grandes vedettes d’Afrique de l’Ouest. Et le reste du Continent ne devrait pas tarder à faire sa connaissance. Celle qui ne jure que par le travail et la foi en Dieu a bien voulu répondre à nos questions, et nous parler d’elle à travers son expérience et ses ambitions.

Afrik.com : Comment définiriez-vous votre style musical ?

Kamaldine :
Je ne sais pas exactement, c’est difficile à dire. C’est un mélange de sonorités hindoues et de musique africaine. Faire de la musique hindoue, c’est un peu mon rêve d’enfance, alors que la musique africaine m’a bercée. D’ailleurs, il suffit de voir mon dernier clip pour se rendre compte de ces influences. A travers ma musique j’essaie de faire voyager l’Afrique, de représenter le Continent.

Afrik.com : Quels ont été vos débuts dans la musique ?

Kamaldine :
J’ai commencé à chanter à l’âge de 12 ans, grâce à un voisin musicien qui répétait avec son groupe tous les soirs. Ce voisin, c’était Doura Barry (star de la musique guinéenne, ndlr). Un jour, il m’a remarquée, et m’a donné ma chance. C’est lui qui m’a formée. J’ai été à la fois sa danseuse et sa choriste. Car avant d’être une chanteuse, j’ai d’abord été une danseuse. Pour moi les deux restent indissociables. Grâce à Doura Barry, j’ai pas mal sillonné la Guinée. Puis mes parents ont décidé de m’envoyer au Sénégal pour apprendre un autre métier. Ils ne souhaitaient pas que je fasse de la musique. Je suis issue d’une famille d’imams et artiste ne rimait pas avec profession. Mais dès mon arrivée à Dakar, j’ai pris contact avec quelques musiciens. C’est comme cela que j’ai eu l’opportunité de travailler, entre autres, avec Alioun Mbaye Nder, Positive Black Soul (PBS), Coumba Gawlo… Le Sénégal est devenu mon deuxième pays.

Afrik.com : Justement, on oublie souvent que vous êtes Guinéenne, quels sont vos liens avec le pays ?

Kamaldine :
En fait, j’ai un pied en Guinée, et un autre au Sénégal. Il faut savoir que c’est en Guinée que j’ai commencé à chanter. Le Sénégal, a donné un autre tournant à ma carrière, et j’ai pu y exercer mon art. Je garde de très bonnes relations avec la Guinée et je suis fière d’avoir du succès dans mon pays.

Afrik.com : Comment avez-vous rencontré Boncana Maïga ?

Kamaldine :
On peut dire que le Bon Dieu a été de mon côté (rires), car c’est pas facile de travailler avec Maestro. J’ai fait sa connaissance grâce à un ami, et depuis, on ne s’est plus quitté. Il a écouté ma maquette, et visiblement intéressé, il a décidé de m’aider. Pour moi, ce n’était pas gagné d’avance, dans la mesure où Maestro n’aime travailler qu’avec des professionnels, des gens qui connaissent bien leur métier. C’est une exigence de qualité. Il faut que tout le monde soit sur la même longueur d’onde. Mais je n’ai pas eu de problème à ce niveau là ; je suis juste restée quatre ans et demi sur liste d’attente (rires).

Afrik.com : Comment vivez-vous votre succès et la célébrité qui va avec ?

Kamaldine :
Franchement, rien n’a changé. Il faut dire que j’ai tout mis en œuvre pour arriver à mes fins. Le travail est récompensé. Depuis toute petite je rêve d’avoir du succès. J’ai grandi avec cette idée. J’ai toujours voulu être une star. Je remercie le Bon Dieu, aujourd’hui, en Afrique tout le monde parle de moi, on m’aime…Que demander de plus ?

Afrik.com : Avec qui aimeriez-vous travailler ?

Kamaldine :
(rires) Au risque de passer pour une folle, je vous avoue avoir un faible pour Michael Jackson, Luke Dube, Michael Bolton, et Julio Iglesias. Ce sont mes idoles ! Alors si quelqu’un souhaite me faire plaisir, et bien qu’il me fasse chanter avec l’un des quatre…

Afrik.com : Quel message adresseriez-vous à vos fans et à l’endroit de ceux qui ne vous connaissent pas encore ?

Kamaldine :
J’aimerais, tout d’abord, remercier mes fans pour tout leur amour et tout ce soutien qu’ils m’apportent. Pour ce qui est de ceux qui ne me connaissent pas encore, j’aimerais les exhorter à écouter mon album. Je suis sûre qu’ils ont également beaucoup d’amour à me donner !

 Kamaldine, Gbilen, 2004