Kadhafi à la tête de l’Union africaine

Après avoir été adoubé « roi des rois traditionnels d’Afrique » en août dernier, Mouammar Kadhafi a été élu, lundi, président de l’Union africaine, lors d’un sommet de l’organisation, à Addis Abeba, la capitale éthiopienne. Mais cette nomination n’a pas fait l’unanimité. Beaucoup de pays sont sceptiques et ne voient pas d’un très bon œil l’instauration du gouvernement de l’Union, souhaité par le dirigeant libyen.

Appelez-moi tout simplement « roi des rois traditionnels d’Afrique » ! Tel est le premier souhait formulé par Mouammar Kadhafi en tant que président de l’Union Africaine (UA). Le Guide libyen a été élu, lundi, président de l’organisation pour un an, lors d’un sommet de l’UA, à Addis Abeba, en Ethiopie. Cette élection répond à un besoin d’équilibre politique entre les différentes régions africaines. Selon la règle de l’UA, la présidence revenait cette année à l’Afrique du Nord, après l’Afrique de l’Est. Et Mouammar Kadhafi était le seul dirigeant d’Afrique du Nord présent à Addis Abeba…

Reste que le dirigeant libyen devra faire ses preuves, car beaucoup de pays ne sont pas convaincus par le nouveau président de l’UA. La volonté de Mouammar Kadhafi d’instaurer un « gouvernement de l’Union » conduisant à des « Etats-Unis d’Afrique » effraie bon nombre de chefs d’Etat du continent. Pour preuve, certains participants ont même tenté de promouvoir une présidence d’Afrique Australe, en vain.

Le rêve de Kadhafi : les Etats-Unis d’Afrique

Prenant la parole après son élection, M. Kadhafi a « espéré que son mandat (serait) un temps de travail sérieux et pas seulement de mots », insistant sur la nécessité « de pousser l’Afrique en avant vers les Etats-Unis d’Afrique. Je continuerai et insisterai pour que les Etats souverains (que nous sommes) parviennent aux Etats-Unis d’Afrique ».

De son côté, son prédécesseur à la présidence de l’UA, le Tanzanien Jakaya Kikwete a invité ses pairs, dans son discours d’adieu, à se consacrer au développement du continent. « Nous consacrons beaucoup trop de temps à régler les conflits ou les partages de pouvoir entre nos politiciens. Il faut que nous redéfinissions nos priorités pour nous consacrer au développement de nos économies (…) pour nous libérer de la honte qui est la nôtre d’être le continent le plus pauvre du monde », a-t-il déclaré. Une direction que devra prendre en compte le nouveau président de l’UA, plus attaché à la mise en place des Etats-Unis d’Afrique.

Dimanche, les chefs d’Etat et leurs représentants avaient débattu, pendant une dizaine d’heures, uniquement sur le « gouvernement de l’Union » cher à M. Kadhafi. Avant même sa désignation, Mouammar Kadhafi avait réussi à imposer ses choix à l’UA. C’est sûr, l’année promet d’être agitée…