Kad Merad et l’Algérie, une histoire complexe pour Citoyen d’honneur

Kad Merad et Brahim Bouhlel dans Citoyen d'honneur
Kad Merad et Brahim Bouhlel dans Citoyen d'honneur

Kard Merad est à l’affiche de Citoyen d’honneur de Mohamed Hamidi (réalisateur de La vache et d’Une belle équipe). Le film sort en salles le 14 septembre. L’occasion pour l’acteur de revenir sur ses racines algériennes.

Citoyen d’honneur est une œuvre du cinéaste franco-algérien Mohamed Hamidi, réalisateur des films à succès Né quelque part, La vache et Une belle équipe. Le film sort dans les salles françaises le 14 septembre prochain. Il raconte l’histoire de Samir Amin, un écrivain comblé, Prix Nobel de littérature, qui vit à Paris, loin de son pays natal, l’Algérie. Un jour, lui qui a toujours refusé de retourner en Algérie accepte l’invitation de son village natal, Sidi Mimoun, qui souhaite en faire un  « Citoyen d’honneur ». 35 ans après son départ, il retrouve une ville et ses habitants, devenus entretemps des personnages de ses romans et se replonge dans son passé, son enfance et ses regrets. Un film drôle et émouvant.

Invité des plateaux TV afin de faire la promotion du film, Kad Merad revient sur les relations complexes qu’il entretient avec sa famille algérienne. Né en 1964 à Sidi Bel Abbès, d’une mère originaire du Berry et d’un père algérien, Kad Merad est rentré en France avec ses parents, à l’âge de deux ans. Il explique cependant être longtemps resté très connecté avec l’Algérie : « J’adore les Algériens, c’est un peuple qui est silencieux, pudique« , a-t-il déclaré sur le plateau de Quotidien, une émission phare de TMC (chaîne du groupe TF1).

Les bases d’un scandale entre Maroc et Algérie

Toujours avec beaucoup d’émotion, l’acteur a raconté que la mort de son père l’avait coupé de sa branche algérienne. « J’ai mes tantes, mes oncles, j’ai des neveux, des cousins, je ne les vois jamais. Je les voyais beaucoup avec mon papa, qui nous a quittés… C’était mon lien avec l’Algérie, mon père. C’est pour ça que je suis un peu triste quand j’imagine qu’il n’a pas pu voir ce film parce que forcément, ça ne peut que lui parler, lui faire plaisir. Ce film, c’est pour mon père finalement, quelque part« .

Car le film Citoyen d’honneur parle aussi d’une Algérie qui n’a pas très bien évolué et le retour aux sources de l’écrivain nobélisé ne montre pas forcément le pays sous son meilleur jour. On découvre une Algérie où règne une ambiance bureaucratique pesante où la jeunesse cherche sa place et un monde politique retors qui veut instrumentaliser le retour du fils prodige. En raison des risques de censure, le film a d’ailleurs été tourné dans un village marocain. Et en dehors des acteurs, les figurants sont les habitants du village, donc des citoyens marocains qui ont participé, pendant deux mois, sur le plateau.

On retrouve dans le film Jamel Debbouze dont le film Indigènes fut interdit en Algérie et Fatsah Bouyahmed, l’acteur principal du film La Vache.