Kabila trouve ses appuis

Chirac, Guy Verhofstadt et Bush ont promis tout leur soutien à Joseph Kabila. Le jeune président congolais a de quoi être satisfait de sa tournée mondiale. Paris, Bruxelles et Washington ont promis une aide financière et une pression politique pour remettre la RDC sur les rails. Il était temps. Car Kinshasa continue de sombrer économiquement. Dramatiquement. Malgré ses richesses.

Politiquement, la République démocratique du Congo est dans un équilibre précaire, malgré l’enthousiasme contagieux de Kabila. Les deux mouvements rebelles ont décidé d’unir leurs forces. Ils sont en passe de créer un Etat dans le territoire congolais. Un Etat de plus. Car les territoires sous occupations étrangères s’éloignent plus que jamais de Kinshasa. Même si le Rwanda s’est retiré de 200 kilomètres, il demeure toujours présent en RDC. Kigali explique son implantation par la présence des milices hutues rwandaises, l’Interahamwe, sur le territoire congolais, toujours actives. L’autre raison, inavouée, est : que faire des soldats, une fois revenus chez eux ? En RDC, ils vivent royalement, entre rapines et corruption. Au Rwanda, ils risquent de déstabiliser la paix fragile.

Retrait des  » troupes étrangères non invitées « . Le leitmotiv de Kabila est le départ des troupes étrangères. Mais pas de toutes. Joseph Kabila fait la différence entre le Rwanda et l’Ouganda. Ses adversaires locaux aussi. Les amis de l’un sont les ennemis de l’autre. Et réciproquement. La solution demeure pour le dialogue inter-congolais. Plusieurs factions y participent en traînant des pieds. Elles savent que si élections il y a, elles seront vite balayées du paysage politique. C’est l’atout majeur de Kabila. En décidant de payer les fonctionnaires congolais en  » Zones occupées « , il sait qu’il mécontente le peuple de Kinshasa. Mais cela aura le mérite de le placer en cas d’élections. Une façon d’inscrire l’ensemble des Congolais dans un processus de rejet des troupes d’occupation  » non invitées « .