Kabila, Fayulu, Katumbi, Bemba, Tshisekedi, Kamerhe : RDC, c’est quoi le problème

Une coalition de l’opposition rd-congolaise, a annoncé avoir désigné Martin Fayulu comme candidat unique pour faire face à Emmanuel Ramazani Shadari, qui représentera le parti au pouvoir. Ce qui a fini par créer un cafouillage au sein de la classe politique en République Démocratique du Congo.

Après trois jours de négociations à Genève, en Suisse, l’opposition en République démocratique du Congo semble avoir trouvé son joker. C’est du moins ce qui ressort de la rencontre de Genève avec le choix porté sur Martin Fayulu, qui devait affronter Emmanuel Ramazani Shadari, ancien ministre de l’Intérieur, choisi par le Président Joseph Kabila, pour représenter le parti au pouvoir.

A la tête d’un parti minoritaire, Engagement pour la citoyenneté et le développement, Fayulu n’est pas connu du grand public. La petite notoriété dont il bénéficie lui a été accréditée lorsqu’il a été touché à la tête par une balle en caoutchouc, au cours d’une manifestation.

S’il a pu accéder à une sphère privilégiée de l’opposition, c’est du fait que le gouvernement a empêché la candidature des ténors comme Moïse Katumbi et l’ancien vice-président Jean-Pierre Bemba. L’un est l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le plus ancien et le plus important parti d’opposition de la RDC, dirigé par Felix Tshisekedi, largement considéré comme le favori. L’autre est la plus petite Union pour la nation congolaise (UNC), dirigée par Vital Kamerhe.

Désigné par les leader de l’opposition comme candidat unique, dimanche 11 novembre 2018, Martin Fayulu, des voix s’étaient levées dès le lendemain pour protester contre ce choix, notamment deux des principaux partie de l’opposition.De l’avis de l’universitaire belge d’origine congolaise Bob Kabamba interrogé sur RFI,  cette situation avait été préparée en amont. « Dès l’annonce du choix de Martin Fayulu le 11 novembre, les militants UDPS sont descendus dans la rue pour protester. Est-ce que c’était prévisible ? : C’était tout à fait prévisible et l’on pense même que c’était déjà préparé, du fait que beaucoup de militants étaient déjà convoqués au siège du parti pour pouvoir manifester. On a l’impression, effectivement, que Félix Tshisekedi savait très bien qu’il n’allait pas être désigné leader de l’opposition et cherchait à avoir un moyen échappatoire pour ne pas s’engager dans cet accord de Genève ».

L’autre partie à s’être désolidarisée dès le lundi est l’Union pour la nation congolaise (UNC), dirigée par Vital Kamerhe.

Martin Fayulu a insisté sur le fait que l’accord n’était pas mort et a exhorté les dirigeants dissidents à y revenir. « L’accord est toujours en vigueur« , a t-il déclaré à la chaîne de télévision française TV5Monde. « J’exhorte mes frères à surmonter les considérations partisanes et à donner la priorité aux intérêts supérieurs de la nation« , a-t-il déclaré plus tard dans un tweet. « Il n’est jamais trop tard pour faire la bonne chose. » Mais pour autant il semble bien que cette situation fasse grandement le jeu du candidat au pouvoir.

Les élections du 23 décembre prochain, qui se déroulent également aux niveaux législatif et municipal, marquent un tournant pour le pays instable et en proie à la pauvreté, que le Président Joseph Kabila dirige d’une main de fer depuis 2001.

Les observateurs étrangers craignent que les tensions autour du vote ne provoquent une poussée violente alors qu’une nouvelle épidémie d’Ebola s’est déclarée.