Journée ville morte à Conakry : Cellou Dalein Diallo satisfait

Après l’appel à une journée ville morte lancé ce lundi à Conakry et à l’intérieur du pays par l’opposition guinéenne, l’heure est au bilan. Cellou Dalein Diallo, le président de l’Union des Forces démocratiques de Guinée (UFDG) et l’un des principaux initiateurs de ce mouvement, a exprimé sa satisfaction suite à la mobilisation observée.

« Il suffisait d’être à Conakry (ce lundi) pour constater que notre mot d’ordre a été bien suivi par l’écrasante majorité de la population de Conakry. Les informations que nous avons reçues de l’intérieur du pays confirment aussi que l’appel a été largement suivi à Kamsar, Boké, Fria, et Kindia, à Labé, Mamou, Dalaba, Faranah, N’Zérékoré, Kissidougou, Kankan. Les gens sont restés chez eux pour vraiment s’associer à ce mouvement qui vise justement à exprimer le ras-le-bol des Guinéens face aux violations réputées des droits humains et des libertés fondamentales », s’est réjouit d’emblée Cellou Dalein Diallo.

Le chef de l’UFDG a également salué le comportement pacifique des militants et sympathisants de l’opposition. « Nos militants et sympathisants, auxquels nous avons donné des consignes de discipline et de non-violence , sont restés à la maison sans provoquer d’incident. On leur a demandé de ne jamais s’attaquer à un usager de la route qui estimerait qu’il n’est pas concerné pas le mouvement. Heureusement, les forces de l’ordre aussi, pour une fois, ont joué le jeu. Elles n’ont pas agressé nos militants, elles ne sont pas rentrées dans les quartiers pour les déloger, les bastonner comme d’habitude. Cela signifie que lorsqu’elles ne reçoivent pas d’instruction de la part des autorités, elles peuvent avoir un comportement républicain (…). »

A travers ce mouvement qui a été «un succès total», a poursuivi Cellou Cellou Dalein Diallo, « nous avons pu montrer au pouvoir que les Guinéens sont fortement préoccupés par ces violations des droits de l’Homme et par ces obstructions (à) l’exercice des partis politiques et de leurs leaders des droits qui leur sont reconnus par la Constitution. »

Quant à ceux qui estiment que le mot d’ordre n’a pas été suivi, le leader de l’UFDG les a renvoyés aux témoignages des journalistes. « C’est votre rôle en tant que journaliste de faire l’arbitre. Au-delà des déclarations des hommes politiques que nous sommes, que ce soit du côté du pouvoir ou de l’opposition, vous vous êtes sans doute promenés à Conakry, vous êtes censés (savoir) s’il y a eu une activité normale à Conakry ou pas. A ma connaissance, il n’y a pratiquement aucun établissement scolaire qui a ouvert. Tout le monde a fermé, les marchés étaient fermés, les taxis ne sont pas sortis. Il y a eu quelques fonctionnaires qui sont partis à 5h du matin au bureau pour ne pas être virés. A Kaloum, on peut dire qu’il y a eu 40% d’activité. Mais dans le reste de la ville, il n’y a eu pratiquement pas d’activités », a-t-il conclu.

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