Jour tranquille à Conakry

Les Guinéens étaient appelés à voter, dimanche, pour élire leurs députés. Une élection marquée par le boycott des principaux partis d’opposition et le faible taux de participation.

 » Calme et sérénité « , c’est ainsi que Moussa Solano, ministre de l’Administration du territoire de Guinée, a qualifié le déroulement des élections législatives. Malgré les protestations véhémentes des partis d’opposition – qui n’ont eu de cesse pendant toute la campagne de dénoncer la fraude – dimanche dernier fut un jour particulièrement tranquille. Si tranquille d’ailleurs, que peu de Guinéens ont fait le déplacement jusqu’aux urnes.

Seul le Pup (Parti de l’unité et du progrès, au pouvoir) a présenté des candidats dans chacune des 38 circonscriptions du pays, mais plus d’une douzaine d’autres partis étaient en lice dans l’ensemble du pays. En tout, pas moins de 769 candidats se sont présentés pour briguer les 104 sièges de l’Assemblée. En marge de ces formations, les principaux partis d’opposition ont appelé au boycott des élections. C’est notamment le cas du Rpg,( le Rassemblement du peuple de Guinée) d’Alpha Condé, et de l’Ufr, (l’Union des forces républicaines) de l’ancien Premier ministre Sidya Touré. Regroupés au sein du Frad (Front républicain pour l’alternance démocratique), ils ont recommandé aux Guinéens de rester chez eux et de regarder le match de la finale de la Coupe du monde de football au lieu d’aller voter.

Un non-événement

 » C’est un non événement ! Notre préoccupation n’est pas la politique de la chaise vide, mais c’est le manque de sièges à l’Assemblée pour l’opposition, tant le pouvoir a décidé de tout occuper « , a simplement déclaré Bâ Mamadou, l’un des leaders du Frad, à Guinéenews. Ces élections, repoussées depuis deux ans par le président Lansana Conté, devraient voir la victoire écrasante du Pup. A tel point que l’Union européenne a refusé d’aider au financement du scrutin et d’envoyer des observateurs. Depuis dix-huit ans au pouvoir, le général Conté n’a consenti à aucune ouverture démocratique. S’il a autorisé le multipartisme, son principal challenger, Alpha Condé, s’est vu inculpé de trahison au lendemain des dernières élections présidentielles.

Les Guinéens ont suivi les recommandations de l’opposition. Journée trop calme à Conakry, où la circulation avait été interdite pour l’occasion. La Coupe du monde a retenu l’attention générale. Il n’y a pas jusqu’aux membres des bureaux de vote qui n’aient eu les yeux braqués sur leurs téléviseurs. Le seul résultat inattendu, à l’issue de ces élections, aurait bien été la victoire du Brésil sur l’Allemagne, deux buts à un.