Jérusalem : la colère des gouvernements nord-africains

Du Maroc à l’Egypte, les responsables politiques condamnent Israël, après les affrontements de Jerusalem-est. Condamnation qui annonce une forte offensive diplomatique auprès des parrains du processus de paix.

Les différentes chancelleries d’Afrique du Nord ne décolèrent pas depuis que les affrontements ont éclaté à proximité de la Mosquée Al-Aqsa et dans les territoires occupés, faisant plus de 40 tués côté palestinien.

La ligue Arabe réunie au Caire a condamné dans des termes les plus durs l’intervention de l’armée israélienne qu’elle a qualifiée  » d’acte criminel « . Elle a réaffirmé avec force l’  » arabité  » d’El-Qods (nom arabe de Jérusalem), et a demandé que la ville sainte constitue la capitale d’un Etat palestinien indépendant, conformément à la résolution 242 du Conseil de sécurité.

Réunion de la Ligue Arabe

Le gouvernement tunisien a fait part de son  » indignation  » et condamné  » vigoureusement les agissements israéliens ignobles profanant les lieux sacrés « . Tunis a également appelé  » les co-parrains du processus de paix, l’Union européenne et la communauté internationale à intervenir rapidement pour mettre fin aux provocations israéliennes « .

Prenant note des déclarations du Premier ministre de l’Etat hébreux, Ehoud Barak, qui a évoqué vendredi, pour la première fois, la possibilité d’une capitale palestinienne à Jérusalem Est, le chef de la diplomatie égyptienne Amr Moussa a néanmoins parlé de  » terrorisme politique  » pour qualifier l’attitude du leader de la droite israélienne, Ariel Sharon. L’homme tenu responsable des massacres de Sabra et Chatila s’était déplacé sur l’esplanade des mosquées d’El Qods pour affirmer son opposition à une Jérusalem-Est palestinienne.

Désillusion à El Watan

Colère également en Algérie, où l’éditorialiste du quotidien  » El-Watan « , dont une partie de la rédaction avait pris le parti de visiter Israël cet été, écrit non sans amertume : « Le fait que le Premier ministre Ehoud Barak a voulu faire endosser la responsabilité de cette flambée de violence « , révèle  » l’absence de divergence fondamentale au sein de la classe politique israélienne « . Le Maroc, a qualifié dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères de  » provocation inacceptable « .

Autre conséquence : le  » soutien total  » apporté par Le Caire à la Syrie, l’autre acteur clé du processus de paix à la veille de la visite du nouveau maître de Damas, Bachar al-Assad dans la capitale égyptienne.