Jasz, chanteuse « diseuse » libre

C’est en chantant dans le métro parisien que Jasz, de son vrai nom Jacinthe, née d’un père malgache et d’une mère française, a conquis le public. Son style musical très authentique, mêlant des sonorités jazz, folk, pop, saupoudré par sa voix suave, lui ont permis de remporter le prix « Europe 1 Talent ». La jeune femme de 25 ans propose un EP de six titres, « Love Song », enregistré dans le métro. Rencontre avec celle qui se définit comme une chanteuse « diseuse ».

Assise dans une brasserie de la capitale parisienne, Jasz, peut surprendre à première vue par sa simplicité. Tasse de café à la main, vêtue très simplement, elle pourrait même passée inaperçue. La jeune chanteuse à la longue chevelure noire de jaie, aux yeux noisettes, contraste avec les stars planétaires remplies de strass et paillettes de l’industrie du disque.

Si elle a choisi de chanter dans le métro parisien depuis octobre 2012, c’est justement pour la liberté que cet endroit particulier procure. C’est d’ailleurs là qu’elle a enregistré son premier EP, composé de six titres. « C’est une expérience très enrichissante qui m’a vraiment ouverte des portes professionnellement. C’était pour moi très important que le premier EP que je sorte raconte vraiment mon expérience du terrain de la musique. Que se soit au métro, dans un bar, je voulais garder un lieu de vie vivant pour enregistrer ma musique », explique-t-elle de sa fluette.

Elle adore également chanter dans le métro, accompagnée de son clarinettiste et percussionniste, pour « les rencontres drôles qu’on peut y faire. On se rend disponible pour le public et tout peut arriver. C’est ça qui est géniale ». C’est notamment avec sa chanson Love Song que la jeune artiste de 25 ans, née d’un père malgache et d’une mère française, s’est fait remarqué au prix Europe 1 Talent qu’elle a remporté. Elle a encore du mal à y croire. « Je ne m’y attendais pas dut tout. D’autant que je n’étais pas favorite au départ. Mais je pense que c’est mon authenticité qui a plu au jury », se remémore-t-elle.


JASZ – Love Song par Europe1fr

Lorsque Jasz, diminutif de son vrai prénom Jacinthe, chante, ce sont ses propres expériences et émotions qu’elles racontent. Elle ne triche pas. Et se présente telle qu’elle est. Voix suave. Posée. Son premier EP présente des sonorités musicales jazz, folk, pop, qui invite le public au voyage. Pour autant, elle ne veut pas être parquée dans une catégorie musicale. Surtout pour celle qui a un profond amour pour la littérature, le théâtre. Elle a d’ailleurs déjà écrit des pièces, confie-t-elle. « Je préfère qu’on me définisse par rapport à mes ambitions qu’à un style particulier. Mon ambition est de dire des choses vraies. Je cherche la vérité d’une émotion. Je dis quelque chose de sincère et raconte mon ressenti. Je pense que c’est inévitable à partir du moment où on écrit quelque chose, ça vient nécessairement de soi. C’est un engagement émotionnel. » Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’elle se « définis comme une chanteuse diseuse ».

La langue, les phrasés sont en effet très importants pour celle qui chante autant en français qu’en anglais. Ses deux langues de prédilections. Pas étonnant que des chanteurs comme Claude Nougaro, Charles Trenet ou encore Gainsbourg l’aient inspirés. Même si elle est du jazz, dit-elle souvent, elle aime aussi le hip-hop. « J’aime le style où le phrasé prend une place importante. Je suis moins intéressée par la position d’une syllabe sur une note que par la tentative d’un phrasé avec une musique, c’est ce que fait le rap, le slam, et c’est ce que font en jazz des artistes comme Billy Holyday ou Madeleine Perroux, qui sont dans un phrasé hyper étiré, comme s’ils cherchaient la dynamique de l’émotion dans les lettres syllabes », analyse-t-elle.

Même si elle est depuis l’âge de ses 18 ans installée à Paris, Jasz n’a pas grandie en France mais à Antananarive, dans la capitale malgache. Toutefois, celle dont le père est entrepreneur et la mère enseignante, revenait régulièrement en France lors de ses vacances scolaires. Elle avait donc des marques bien établies en France déjà. Cadette d’une famille de trois enfants, dont une grande sœur installée à Bordeaux et un grand-frère à New-york, Jasz est sans doute celle qui a le plus d’audace. Elle a très tôt pris gout à la musique en faisant du piano, et jouant à la guitare, qui comme une seconde amie, ne la quitte jamais.

Chanter dans le métro n’a pas convaincu tous ses proches qui ne voyaient pas cela d’un bon œil, estimant que « ce n’est pas sérieux », confie-t-elle avec un sourire au coin. Même étant plus jeune elle a longtemps chanté dans les bars aussi, histoire de rappeler que ce genre d’expériences ne datent pas d’aujourd’hui. « Je pense que c’est important de se donner à fond pour ce qui nous rend immédiatement heureux. Lorsque j’ai décidé de chanter dans les bars ou métro, ce n’était pas quelque chose de désinvolte. J’avais vraiment envie de le faire. Et je le faisais super sérieusement. Il y a un rapport direct aux gens qui me plait dans ces lieux », réitère-t-elle. « Ma vrai impulsion de départ ça a été le live surtout aujourd’hui avec les moyens de composer la musique sur ordinateur, le live a une place différente. Pour moi la priorité, c’est le live ».

C’est ce qu’elle va démontrer à son public lors de sa tournée en France. En attendant, elle continue de donner ses concerts dans le métro parisien, où elle se sent chez elle. Libre. Vraie.

Jasz sera en concert le 16 avril aux trois baudets et le 16 juin au Sunset