« Jasmin », tabou sur le web chinois

« Jasmin » ? Désormais associé à la révolte, le mot a été censuré en Chine sur les moteurs de recherche et les réseaux sociaux. Les autorités chinoises craignent la contagion dans un pays propice à la révolution.

En Chine, « jasmin » rime désormais avec révolution. Le mot a été censuré par les autorités chinoises qui craignent que la révolution de Jasmin qui a abouti à la chute de Ben Ali en Tunisie et la vague de soulèvements populaires qui s’en est suivi dans les pays arabes n’atteignent les côtes chinoises. Le système de censure chinois, baptisé « Great Firewall » (Grande Muraille informatique), a ainsi expurgé le mot « Jasmin » de l’équivalent de Twitter en Chine, Weibo, rapporte le site Eitb. De même, la recherche est impossible sur Baidu, le Google chinois, qui évoque des raisons juridiques, et l’équivalent de Facebook en Chine, Renren.

Ni le parfum ni les images de la révolution

A l’origine de cette censure, les appels lancés aux Chinois à faire leur révolution de Jasmin dimanche dernier. Ils étaient ainsi invités dans 13 villes à manifester le 20 février dernier à 14h. Un message diffusé sur le site Boxun, hébergé aux Etats-Unis, incitait « les travailleurs sans emploi et les victimes des expulsions forcées à participer à des manifestations, crier des slogans et réclamer la liberté, la démocratie et des réformes politiques pour mettre fin au parti unique », rapporte le site d’informations sur la Chine Aujourd’hui la Chine.

Ce n’est pas que le Net qui est victime de censure. Plusieurs médias étrangers n’étaient pas disponibles dans l’Empire du milieu en début de semaine. Les autorités chinoises ne souhaitent pas que les images des révoltes tunisienne, égyptienne ou encore celles des manifestations au Yémen, à Bahreïn et aujourd’hui en Libye donnent des idées à leurs compatriotes. Les atteintes aux droits de l’Homme sont légion au pays de Mao.