Jali Foly Festival : La culture noire en question

Paris accueille du 7 au 11 juillet prochains, la première édition du Jali Foly Festival à l’initiative de la comédienne malienne Fifi Dalla Kouyaté. Une occasion pour les acteurs de l’industrie culturelle noire de promouvoir et de se pencher sur l’avenir de leur secteur d’activicté.

La première édition du Jali Foly Festival se tiendra du 7 au 11 juillet prochains à l’Espace Louis Laumière à Paris. Ce nouveau venu dans le calendrier culturel noir se veut avant tout un espace de réflexion sur l’avenir de la culture noire. L’instigatrice de l’évènement n’est autre que la comédienne, metteur en scène et productrice malienne Fifi Dalla Kouyaté, membre de la Compagnie Racine-Mandingua. « Nous, les professionnels du cinéma, nous nous retrouvons chaque année au Fespaco (Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou) pour discuter des difficultés qui sont les nôtres et envisager des solutions. Et puis chacun repart de son coté. Quand, éventuellement nous nous retrouvons, c’est plutôt pour nous s’amuser. Il est temps de se rencontrer pour réfléchir et travailler».

« Nous sommes tous des griots »

C’est de ce constat qu’est né Jali Foly Festival, qui sera un rendez-vous annuel pour que tous les artistes – il ne s’agit pas seulement des gens du cinéma – réfléchissent ensemble sur l’avenir de la culture noire. « Toute personne qui s’exprime à travers une démarche particulière est un griot. Et un griot est un historien, un témoin de son époque. Nous sommes tous des griots », insiste Fifi Dalla Kouyaté. De ce fait, la manifestation se veut ouverte, un carrefour de toutes les expressions artistiques, un creuset de toutes les idées et actions pouvant contribuer au développement de la culture noire. Pour donner corps à son idée, la comédienne a fait appel notamment à l’acteur Camerounais, Gérard Essomba et à Tola Koukoui, acteur et metteur en scène béninois qui ont dit oui à cette nouvelle aventure. D’autant plus que l’idée émane d’une femme, a souligné, à la conférence de presse, ce mercredi matin, Gérard Essomba. L’écrivaine guadeloupéenne Maryse Condé, l’acteur américain Danny Glover, l’écrivain et ancien ministre malien de la culture, Seydou Badian Kouyaté comptent parmi les nombreux parrains de l’événement.

Jali Foly – la fête des griots en bambara – devrait être belle mais surtout fructueuse. Au programme des réjouissances : du cinéma, du théâtre, de la littérature, des Arts Plastiques et de la musique. On retrouvera, entre autres, le long métrage Karmen Geï du réalisateur sénégalais Jo Gaye, Histoires de tresses, un court métrage de la Rwandaise Jaqueline Kalimanda et le moyen métrage marocain, Tanger, le rêve des brûlures, de Leïla Kilani. Ces œuvres cinématographiques serviront, à travers les thèmes qu’ils abordent, de support aux différentes réflexions qui seront menées au cours de cette manifestation. La thématique des identités culturelles sera d’ailleurs abordée lors d’une rencontre-débat. La plupart des réalisateurs dont les films sont projetés seront présents ainsi que de nombreux comédiens. Côté musique, on retrouvera les talentueuses sœurs Doga du Burkina Faso et bien évidemment des griots dans la plus pure tradition mandingue.

 Jali Foly Festival, du 7 au 11 juillet 2004

A l’espace Louis Lumière

46, rue Louis Lumière

75020 Paris