Jacques Chirac « frustré » par le non-règlement de la crise ivoirienne

Le président français, Jacques Chirac, est « frustré » de quitter le pouvoir en mai prochain sans avoir obtenu le règlement définitif de la crise que connaît la Côte d’Ivoire depuis septembre 2002, a affirmé un de ses proches ce week-end à Paris.

S’exprimant lors d’un rencontre avec un groupe de journalistes, le collaborateur du président Chirac, qui a requis l’anonymat, a également déclaré que le président « Chirac était fier d’avoir envoyé les troupes françaises en Côte d’Ivoire ».

« Il n’a pas réussi à régler cette crise qui secoue depuis 5 ans un pays, vitrine des relations entre la France et l’Afrique. C’est sans doute un motif de frustration, mais il ne regrette à aucun moment d’avoir envoyé sur place notre armée », a-t-il dit.

Le collaborateur du président Chirac, qui ne sollicite pas de nouveau mandat lors de la présidentielle d’avril prochain, a estimé que la force française Licorne a permis d’éviter « un bain de sang » en Côte d’Ivoire.

« Le président est convaincu d’avoir fait le bon choix en la dépêchant sur place d’abord pour empêcher le basculement du pays vers la guerre civile, ensuite pour aider les casques bleus des Nations unies », a-t-il ajouté, en confirmant le retrait progressif de la force Licorne après l’accord inter-ivoirien de Ouagadougou.

Signé le 4 mars par Guillaume Soro, leader des Forces nouvelles (FN, ex-rébellion) et le président ivoirien Laurent Gbagbo, l’accord prévoit la création d’un état-major mixte et la reprise des audiences destinées à fournir des pièces d’état civil à des centaines de milliers d’Ivoiriens.

« Nous avons pris acte de cet accord et souhaitons qu’il aide la Côte d’Ivoire à retrouver le chemin de la paix. Bien que nous soyons encore prudents en attendant sa mise en oeuvre, nous avons décidé d’alléger notre dispositif militaire en Côte d’Ivoire », a expliqué le collaborateur de M. Chirac.

« Ce retrait va se poursuivre en accord avec l’Union africaine et les Nations unies. La France ne tirera pas les conséquences de l’accord de paix sans concertation avec le reste de la communauté internationale », a-t-il ajouté.