Italie : enquête ouverte après la mort du Marocain Abderrahim Fakir lors d’une interpellation policière à Bologne


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Police italienne
Police italienne (illustration)

La justice italienne a ouvert une enquête après le décès d’Abderrahim Fakir, un ressortissant marocain de 43 ans, survenu à la suite de son interpellation par la police à Bologne. Des vidéos filmées par des témoins ont largement circulé sur les réseaux sociaux et alimenté une vive polémique en Italie. Les autorités judiciaires ont été saisies afin d’établir les circonstances exactes des faits.

Les autorités italiennes enquêtent sur les circonstances de la mort d’Abderrahim Fakir, un ressortissant marocain âgé de 43 ans, décédé peu après une intervention de la police à Bologne, dans le nord de l’Italie. Les images de son interpellation, enregistrées par plusieurs témoins et diffusées publiquement, ont suscité une forte émotion et conduit le parquet à ouvrir une procédure judiciaire.

Une intervention filmée par plusieurs témoins

L’affaire a rapidement pris une dimension nationale. Plusieurs responsables politiques, des membres de la famille de la victime, des habitants du quartier ainsi que des organisations de la société civile ont demandé que toute la lumière soit faite sur les circonstances du décès. Les enquêteurs disposent notamment des vidéos réalisées par des témoins ainsi que des enregistrements des caméras individuelles portées par les policiers intervenus.

Selon les images diffusées par des témoins présents sur les lieux, Abderrahim Fakir a été immobilisé par des policiers au cours de son interpellation. Des vidéos montrent les agents utilisant du gaz lacrymogène avant de le plaquer au sol afin de le maîtriser. Toujours selon ces enregistrements, l’homme a ensuite déclaré à plusieurs reprises avoir des difficultés à respirer et a appelé à l’aide.

Une enquête judiciaire ouverte

Les vidéos montrent qu’il est resté allongé au sol, menotté, avant de perdre connaissance. Une habitante du quartier, interrogée par la presse, affirme que la victime est restée immobilisée pendant plus de trente minutes avant l’arrivée des secours. À la suite de ces événements, le parquet de Bologne a ouvert une enquête afin de déterminer les circonstances exactes du décès.

Les investigations portent notamment sur le déroulement de l’intervention policière et sur les causes de la mort. La préfecture de police de Bologne a indiqué avoir transmis aux enquêteurs les images enregistrées par les caméras individuelles des deux policiers impliqués dans l’interpellation. Ces éléments doivent être confrontés aux vidéos réalisées par les témoins ainsi qu’aux différents témoignages recueillis dans le cadre de l’enquête.

La version communiquée par la police

Selon les premiers éléments communiqués par les autorités policières, les agents sont intervenus après avoir reçu un signalement de riverains concernant un homme présenté comme étant dans un état de forte agitation. La police indique qu’à leur arrivée, Abderrahim Fakir se trouvait en proie à une « violente colère ». Les circonstances ayant conduit à son immobilisation puis à son décès font désormais partie des éléments examinés par les magistrats chargés du dossier.

La mort d’Abderrahim Fakir a provoqué une vive réaction de ses proches. Sa sœur, Khadija Fakir, s’est exprimée dans les colonnes du quotidien italien Corriere della Sera pour demander que les circonstances du décès soient établies. Elle a déclaré attendre que la justice fasse son travail, tout en précisant qu’elle ne nourrissait pas d’hostilité envers les forces de l’ordre. Sa demande porte sur l’établissement des responsabilités éventuelles dans cette affaire.

Une affaire qui prend une dimension nationale

Le maire de Bologne, Matteo Lepore, a appelé à faire toute la lumière sur les faits. De son côté, le gouvernement italien s’est montré prudent dans ses premières réactions. Le vice-président du Conseil, Matteo Salvini, ainsi que le chef du groupe parlementaire du parti Fratelli d’Italia ont apporté leur soutien aux deux policiers concernés par l’enquête. Les autorités attendent désormais les conclusions des investigations judiciaires.

À la suite du décès, des habitants du quartier où s’est déroulée l’interpellation ont organisé un rassemblement pour demander des explications sur les circonstances de la mort d’Abderrahim Fakir. Les vidéos de l’intervention ont été largement relayées sur les réseaux sociaux et par plusieurs médias italiens. Les images ont alimenté le débat public sur les conditions d’interpellation et l’usage de la force par les forces de l’ordre.

Un résident installé en Italie depuis l’enfance

Certains observateurs établissant un parallèle avec le décès de George Floyd aux États-Unis en 2020, en raison des images montrant une personne immobilisée au sol lors d’une intervention policière. Abderrahim Fakir était arrivé en Italie à l’âge de cinq ans. Il vivait régulièrement dans le pays et y exerçait une activité professionnelle. Selon les informations rapportées par plusieurs médias italiens, il avait entrepris les démarches nécessaires au renouvellement de son titre de séjour.

L’homme est décrit comme une personne « très aimable, instruite et respectueuse ». L’autopsie, les analyses médico-légales, l’exploitation des vidéos et les auditions des témoins devraient permettre aux enquêteurs de reconstituer précisément le déroulement des faits et d’établir les circonstances exactes du décès.

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