Israël poursuit sa chasse aux migrants africains

L’État d’Israël a décidé d’expulser de son territoire 6 000 immigrants clandestins. L’information a été donnée par un avocat d’État israélien qui confirme que des négociations sont en cours avec les pays qui devront accueillir ses clandestins qui, pour la plupart, sont de nationalité éthiopienne ou érythréenne

« Comme pourrait le faire une société d’exportation, l’Etat d’Israël tente d’expédier des milliers d’africains venus d’Erythrée et du Soudan vers d’autres pays ». Une phrase du journal israélien Haaretz qui en dit long sur la politique d’immigration de l’État d’Israël.

Le gouvernement israélien a en effet décidé de renvoyer de son territoire six mille immigrés clandestins. Des immigrés qui pour la plupart ont traversé le territoire égyptien pour trouver un avenir politique ou économique meilleur sur le territoire juif.

2000 clandestins il y a un an

Le gouvernement de Benjamin Netanyahou ne veut pas perdre de temps. Il se dit prêt à dégager une somme de 8 000 dollars pour chaque expulsion, selon le journal israélien Maariv . « Nous avons jugulé le phénomène d’infiltration d’immigrés en Israël. L’année dernière, il n’y a eu que deux immigrés clandestins contre 2 000 il y a un an. A présent, nous nous concentrons sur le départ de ces clandestins », a déclaré l’actuel premier israélien Benjamin Netanyahou.

Selon Washingtonpost.com, Yoshi Gnesin, un avocat d’État israélien a informé la Cour suprême israélienne dimanche qu’un accord a été trouvé avec un pays tiers pour accueillir certains immigrés et que des négociations étaient entreprises par Israël avec deux autres pays pour sceller le même accord. Pour l’instant, aucun détail de l’accord n’a été dévoilé, mais l’avocat d’État assure que l’expulsion des clandestins se fera de manière « progressive ».

Les citoyens israéliens restent divisés

La décision ne semble pas faire l’unanimité en Israël. Tally Kritzman-Amir, spécialiste en droit de l’immigration au Département de droit de Tel Aviv s’y oppose. « Il est tout à fait possible de transférer ces migrants vers d’autres pays, mais les responsabilités liées aux droits des réfugiés sont en Israël », s’indigne-t-il.

Mais déjà le débat se pose. Pour certains, Israël a une responsabilité naturelle, en tant qu’État de refuge pour les survivants de l’Holocauste, d’accueillir ceux qui sont dans le besoin, en leur offrant l’asile sur son territoire. Mais pour d’autres, la forte concentration de migrants non juifs constitue une menace pour le caractère juif de l’État d’Israël.

Un problème juridique

Mais au-delà d’une simple confrontation idéologique, c’est aussi un problème de droit qui se pose. En effet, selon la Convention de 1951 relative au statut des Réfugiés, les États n’ont pas le droit de renvoyer des réfugiés vers des pays où leur liberté est menacée.