Interpellation à Toronto de Mourad Benchellali, ancien détenu français de Guantanamo : explications

Le Français Mourad Benchellali a été interpellé au Canada, par la police aux frontières, dès son arrivée à l’aéroport. Selon les autorités canadiennes, cet ancien détenu de la prison de Guantanamo représente une menace à la sécurité nationale.

Mourad Benchellali, Français d’origine algérienne, a été interpellé au Canada, par la police aux frontières qui l’a arrêté dès son arrivée à l’aéroport. Le nom de ce Lyonnais apparaît sur une liste d’interdiction de survol des Etats-Unis. Suffisant pour que les autorités canadiennes estiment qu’il représente une menace à la sécurité nationale.

Plus de dix ans après sa libération, Mourad Benchellali, le Français détenu entre 2001 et 2004 dans la prison militaire américaine de Guantanamo, a été arrêté, lundi2 novembre 2015, lors de son arrivée à Toronto au Canada. C’est ce qu’a indiqué son avocat Me William Bourdon, qui précise que son client, dont il est sans nouvelles depuis lundi, devait participer à une conférence sur la prévention de la radicalisation des jeunes musulmans français, dans cette ville. En réalité, depuis qu’il été élargie de prison, le Français d’origine algérienne a pris son bâton de pèlerin pour tenter de dissuader les jeunes d’être détournés.

Les services frontaliers canadiens ont estimé que Mourad Benchellali représentait toujours une menace à la sécurité nationale, a indiqué Radio-Canada. Mourad Benchellali, qui figue sur la liste d’interdiction du survol des Etats-Unis, avait déjà été exclu d’un vol Lyon-Montréal en juin dernier. La raison : l’homme aurait survolé l’espace aérien américain. Il s’était alors dit étonné d’apprendre que son nom figurait sur la liste des passagers interdits de vol aux Etats-Unis.

« Voilà un homme qui dédie désormais une partie de sa vie à la déradicalisation, à agir au soutien des jeunes Français qui rentrent de Syrie et qui sont désireux de réinsertion, et qui se trouve interdit de poursuivre son travail au Canada, au seul motif que son passage à Guantanamo en fait un suspect éternel », s’est indigné Me Bourdon qui indique que « l’absurdité est totale ». Pour Me Bourdon qui précise avoir mandaté n avocat canadien pour pouvoir entrer en contact avec son client, « cette liste américaine d’interdiction de survol, en elle-même, et en raison de son caractère extra-territorial, méprise tous les principes fondamentaux du droit international ».