Inondations meurtrières sur Hispaniola

La tempête tropicale qui s’est abattue sur l’île d’Hispaniola, partagée par Haïti et la République Dominicaine, continue de faire de nombreuses victimes. Selon les sources, le bilan varie de plusieurs centaines à 2 000 morts. C’est Haïti qui paie le plus lourd tribu aux intempéries. Les secours, nationaux et internationaux, s’organisent pour aider les sinistrés.

Les intempéries qui frappent en ce moment l’île des Caraïbes d’Hipaniola, partagée entre Haïti (ouest) et la République Dominicaine (est), tue et fait de sérieux dégâts. La tempête tropicale qui sévit surtout à la frontière séparant les deux pays a fait, selon les sources, entre plusieurs centaines et 2 000 morts. Le nombre de blessés est également fluctuant, conséquence des difficultés pour atteindre les zones sinistrées. Les conditions météorologiques n’étant pas revenues à la normale, les agences humanitaires peinent à délivrer leur aide.

Les zones touchées presque inaccessibles

C’est Haïti, partie ouest de l’île, qui paie le plus lourd tribu aux pluies diluviennes de ces derniers jours. Plusieurs villes sont touchées par les inondations et les glissements de terrain. Dans la ville de Fond-Verrettes, proche de la frontière avec la République Dominicaine, le bilan officiel du gouvernement haïtien confirmait, jeudi, le « décès de 165, personnes, dont 45 enfants », rapporte The Associated Press. Dans la ville reculée de Mapou (sud-est), située au milieu d’une vallée et littéralement engloutie par les eaux, le décompte macabre avoisinerait le millier de victimes. Le gouvernement intérimaire et des organisations internationales redoublent d’effort pour assister les populations atteintes. En République Dominicaine, un fleuve qui prend sa source à Haïti a débordé dans la nuit de dimanche à lundi, causant de sérieux dégâts. Selon CNN quelques 300 habitants de Jimani (lisière sud) ont perdu la vie suite au débordement. Le Président Hipolito Mejia s’est rendu sur place jeudi et a décidé que cette journée était un jour de deuil national.

D’aucuns estiment que le bilan pourrait encore s’alourdir en raison du nombre important de disparus et des problèmes que rencontrent les autorités et les organisations humanitaires nationales et internationales pour accéder aux lieux sinistrés. D’autres difficultés compliquent l’assistance aux survivants. Il est pour l’heure quasiment impossible d’atteindre les zones les plus touchées par la voie terrestre. La route aérienne reste la plus « praticable ». Le Programme alimentaire mondial (Pam) a ainsi pu délivrer, mercredi, trois tonnes de nourriture par hélicoptère à Fond-Verettes. Mais les pluies qui continuent de tomber ne permettent pas facilement l’approvisionnement en eau potable, nourriture, médicaments, tentes et autres matériels de survie. Hans Hatler, l’ambassadeur américain en République Dominicaine, a déclaré que 50 000 dollars seront débloqués et qu’un soutien financier supplémentaire sera alloué le plus tôt possible, selon la BBC. La Croix-rouge canadienne a pour sa part annoncé un don d’une même somme pour aider les deux pays à affronter la situation, d’après Mes Nouvelles.com.

La déforestation aggrave le problème

Une situation à laquelle il faut aussi remédier rapidement pour éviter une détérioration sanitaire. L’Organisation des Nations Unies a mis en garde, jeudi, contre un grave risque d’épidémie. Pour prévenir tout danger, des fosses communes ont été creusées pour enterrer les morts, qui pour certains n’étaient pas identifiables car ils étaient en état de décomposition avancée. Autres mesures préventives, la collecte de tous les corps qui gisent dans l’eau pour éviter la contamination des cours et la pulvérisation de désinfectant en République Dominicaine pour éviter la propagation de maladies.

La déforestation est la cause majeure qui a fait de ces pluies torrentielles des « rivières de la mort », comme l’écrit CNN. En Haïti, pays le plus pauvre du continent américain, le manque d’énergie pousse les habitants à se tourner vers les forêts, qu’ils déboisent pour en faire du bois de chauffage ou pour cuisiner. Du coup, les racines des arbres ne retiennent plus la terre lors des inondations, ce qui provoque notamment des coulées de boues. Certains suggèrent que la situation pourrait mettre du temps à se normaliser, étant donné que l’île est entrée, depuis le mois de mai, dans la saison des pluies.