Inégalité des sexes : comment on la combat au Bénin

Le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), a édité au mois de septembre son rapport 2000 sur l’état du monde. Le thème en est l’inégalité hommes/femmes. Qu’elles sont les actions de la FNUAP sur le terrain ? L’exemple du Bénin.

 » Vivre ensemble dans des mondes séparés ; hommes et femmes à une époque de changement « , tel est l’intitulé du dernier rapport sur l’état de la population mondiale, édité en septembre par le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP).

Philippe Delanne, représentant de la FNUAP au Bénin, explique que  » face à une quatrième révolution, celle de la communication, le changement se fait à marche forcée « .

L’action de cette organisation est de soutenir et d’encourager les initiatives locales qui vont dans le sens de la protection de la santé.

Souhaitant agir au plus proche de la population, M.Delanne maintient le contact avec ceux qu’il nomme des  » passerelles « , à savoir les Rois et les Reines des douze régions que compte le Bénin. Il soutient, pour ce faire, une ONG locale appelée Africa Culture qui organise des mini-sommets avec les familles royales, autour de thèmes précis, tel que la scolarisation et la grossesse des filles.

Fête d’amplification

Durant ces sommets, des spécialistes béninois exposent les dernières études faites sur le sujet abordé et proposent des actions ou des solutions possibles. A la fin du sommet, les Rois s’engagent à soutenir la cause défendue, et le lendemain est organisée une fête d’amplification. Cette dernière consiste à demander à la population d’organiser des chants, des danses et des pièces de théâtre sur le thème traité.  » La démarche permet aux villageois de s’approprier ces thèmes et ainsi de les inclure dans leur vie quotidienne « , explique Philippe.

Il se déclare également  » très attaché au suivi des projets « , mais regrette que  » l’impact réel de leurs actions soit difficile à mesurer « . Pour lui, le signe le plus probant est l’implication de la population. Cette dernière est sensible aux manifestations locales et s’y déplace en nombre. Cela a été le cas lors de la dernière fête d’amplification qui a réuni environ quatre cents personnes.

Le représentant du Bénin a également en projet la création d’un réseau de journalistes qui permettrait de transmettre, sur le territoire national, les informations sur les problèmes de santé et de sexualité.

M.Delanne a résumé le positionnement de la FNUAP par ces phrases de sa directrice exécutive, Nafis Sadik.  » Nous ne devons pas craindre de parler des questions qui nous touchent : nous ne devons pas ployer sous le poids des arguments fallacieux qui invoquent la culture ou les valeurs traditionnelles. Aucune valeur digne de ce nom ne soutient l’oppression et l’asservissement des femmes. La culture et la tradition ont pour rôle de fournir un cadre pour le bien-être humain. Si on les utilise contre nous, nous n’hésiterons pas à les rejeter et nous continuerons notre chemin. Nous ne permettrons pas qu’on nous bâillonne « .

D’autres ONG béninoises sont soutenues par la FNUAP, à l’instar d’Africa Obota qui a pour objectif de sensibiliser la population aux problèmes de santé et de sexualité, et qui pour cela prépare des émissions télévisées et radiophoniques concernant ces thèmes.

Discrimination sexuelle

La FNUAP élabore chaque année un rapport qui dresse un état des lieux de la population selon un thème précis. Pour l’année 2000, la FNUAP s’est penchée sur les conséquences de la discrimination sexuelle, ainsi que sur les remèdes à y apporter.

Ce rapport précise les indicateurs démographiques et socio-sanitaires de tous les pays membres des Nations Unies. Il comporte divers chapitres soulignant l’inégalité des sexes dans le domaine de la santé, du travail, de l’éducation…

Comme nous l’avons vu pour le Bénin,  » la FNUAP vient directement en aide aux pays qui en font la demande, en octroyant des financements de projet, en proposant des formations et des assistances techniques « , rapporte le directeur du bureau de l’organisation à Genève, Alphonse MacDonald.

Au Burkina Faso, la représentante de la FNUAP, Agniola Zinsou, explique que  » le plus grand problème vient du fait que les techniques d’amélioration en matière d’agriculture, par exemple, sont enseignées aux hommes, et non pas aux femmes qui représentent la grande majorité de la main-d’oeuvre « . Cette inadéquation bloque toute modernisation, et souligne, un peu plus si cela était nécessaire, l’inégalité sexuelle qui règne en Afrique.