Indépendance du Sud-Soudan : un anniversaire sous tension

C’est aujourd’hui que le Soudan du Sud fête le deuxième anniversaire de son indépendance. Voulue par une majeure partie de la population, le Sud-Soudan a fait sécession de son voisin du Nord le 9 juillet 2011. Mais les tensions toujours existantes entre Juba et Khartoum laissent un goût amer à cet anniversaire.

Voilà deux ans, jour pour jour, que le Soudan du Sud accédait à son indépendance, le 9 juillet 2011. Une libération pour les Sud-Soudanais qui avaient massivement voté « Oui » au référendum d’autodétermination organisé du 9 au 15 janvier 2011. Khartoum avait, dès le 8 juillet 2011, reconnu l’indépendance du petit Soudan. Alors que ce nouvel Etat ambitionnait de prendre son envol après des décennies de violences, avec son voisin du Nord, le voici à nouveau plongé dans un conflit, avec pour principal cause, le tracé des frontières contesté par Khartoum. Au lendemain de l’accession à l’indépendance du Soudan du Sud, le Soudan n’a pas attendu pour exprimer sa colère bien qu’il ait reconnu l’indépendance de son voisin dès le 8 juillet 2011. Car dans son envol, le Soudan du Sud a emporté 75% de la production pétrolière soudanaise.

Par ailleurs, des régions fédérées par le Soudan, à la frontière du Sud-Soudan, ne sont toujours pas fixées sur leur sort. Revendiquées par les deux parties, la région du Nil-Bleu, du Kordofan du Sud et d’Abiyé demeurent, pour l’heure, sous l’autorité de Khartoum. Toutefois, un nouveau référendum d’auto-détermination pourrait avoir à Abiyé en octobre 2013.

De pourparlers en pourparlers à addis Abeba, la capitale éthiopienne, les Présidents Omar el-Béchir et Salva Kiir ont toutefois réussi à trouver des terrains d’entente, aussitôt remis en question, en raison d’attaques ou de bombardements de l’un ou de l’autre.

Le pétrole, la clé du pouvoir

Faute d’accord solide avec Khartoum sur le pétrole, le Soudan du Sud serait au bord de la crise économique. Bien que le Soudan du Sud détienne 75% des réserves, son évacuation ne peut se faire que par les pipelines du Soudan.

Le Président soudanais, Omar el-Béchir, avait ordonné le 8 juin 2013, une fois de plus l’arrêt du transit du pétrole du Soudan du Sud. Une décision qui illustrait les tensions encore palpables entre Khartoum et Juba et qui risquait d’enfoncer le voisin du sud dans une crise encore plus profonde qu’il ne l’est actuellement. El-Béchir exigeait de Kiir que son pays cesse d’apporter son soutien aux rebelles du Kordofan-Sud et du Nil Bleu combattus par les forces armées soudanaises. Un accord trouvé par les deux parties a permis, la semaine dernière, d’apaiser les tensions. Finalement, Khartoum n’arrêtera pas le transit du pétrole sud-soudanais.

Entre tensions récurrentes et reprises sporadiques du dialogue, les deux Soudan parviendront-ils à trouver à long terme un terrain d’entente ? Seul l’avenir nous le dira…