Immunité économique en Côte d’Ivoire

Les autorités ivoiriennes et les rebelles du Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire ont accordé depuis deux semaines des laissez-passer à des opérateurs économiques pour se rendre à Bouaké et Korhogo. Sous la protection de l’armée française, 10 convois ont déjà été acheminés depuis Yamoussoukro.

Textile, sucre, médicaments, céréales, 10 convois de biens de première nécessité ont été acheminés depuis deux semaines de Yamoussoukro à Bouaké et Korhogo, deux villes ivoiriennes contrôlées par les rebelles. Les opérateurs économiques ont obtenu des autorités et de l’aile politique des mutins, Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI), l’autorisation de reprendre l’activité sous escorte de l’armée française.

 » Dans le cadre de l’Opération Licorne, nous avions au départ pour mission la protection des ressortissants français et étrangers. Aujourd’hui, suite à des accords avec les Forces armées nationales de Côte d’Ivoire et les mutins, nous avons pour mission de sécuriser les convois. Il y a eu jusqu’à présent un convoi par jour de Yamoussoukro à Bouaké et un seul sur Korhogo. Il s’agit de convois qui comptent jusqu’à vingt camions. Nous déployons au maximum 6 véhicules pour assurer les escortes « , explique le commandant français Thomazo.

Lutter contre l’asphyxie

 » Pour sa part, le gouvernement a donné son accord car il refuse de laisser la région s’asphyxier. En attendant que tout rentre dans l’ordre, il a décidé de laisser les opérateurs économiques y aller pour essayer de relancer l’appareil productif « , explique un officier des Forces armées nationales de Côte d’Ivoire qui a souhaité garder l’anonymat.  » Mais le revers de la médaille serait que les rebelles en profitent pour exploiter la bonne volonté de l’Etat et ne s’adjugent des prérogatives alors qu’ils ne sont pas légitimes « , concède-t-il avec lucidité.

Seize entreprises, telles que Sucaf, Texicodi et Laborex, ont obtenu jusque-là leur laissez-passer et participent au désenclavement économique du Nord du pays qui échappe toujours au contrôle des forces régulières ivoiriennes.