Immigration : quand Nicolas Sarkozy parle de « désintégration de la société française »

Nicolas Sarkozy, ancien chef d’Etat français, appelle à une refonte de la politique migratoire de l’Union Européenne et prévient que « les risques de désintégration de la société française grandiront jusqu’à devenir inévitables ».

Dans une interview au Figaro de ce jeudi, Nicolas Sarkozy, ancien chef d’Etat français par ailleurs patron des Républicains appelle à une refonte de la politique migratoire de l’UE. Il reste hostile aux quotas de migrants sans l’établissement d’une politique migratoire européenne commune. En outre, l’ancien Président français dénonce l’alignement de François Hollande sur Angela Merkel dans le débat actuel sur l’immigration.

Nicolas Sarkozy met en garde contre « la désintégration de la société française », faute, selon lui, d’une politique migratoire qui ne distingue pas, migrants économiques, réfugiés politiques et réfugiés de guerre. Cette sortie de Sarkozy intervient au moment où la France s’apprête à accueillir 24 000 réfugiés, principalement syriens, sur les deux ans à venir.

« Il y a d’une part les migrants économiques que la France n’a plus les moyens d’accueillir que de façon extrêmement limitée, d’autre part les réfugiés politiques que nous avons toujours accueillis au nom de notre tradition humaniste qu’il serait inacceptable de modifier. Le troisième flux sont les réfugiés de guerre, obligés de fuir provisoirement leurs pays en voie de désintégration que nous devons accueillir pour la seule période des conflits et qui ont donc vocation à rentrer chez eux une fois la paix rétablie. Ces derniers doivent être distingués des réfugiés politiques », a indiqué Nicolas sarkozy.

Cette sortie de l’ancien dirigeant français coïncide avec la prise en charge par la France des premiers réfugiés arrivés mercredi, que pense Nicolas Sarkozy de la crise des migrants et quelles solutions prône-t-il ? Pour s’expliquer, le président des Républicains a donné une interview dans Le Figaro de ce jeudi.

Selon Nicolas Sarkozy, « il faut créer des centres de rétention dans les pays périphériques à Schengen, afin d’instruire les demandes d’entrée en Europe au titre du statut de réfugié politique ou de réfugié de guerre. Ce n’est pas un choix idéologique. C’est simplement la volonté de tenir compte des réalités, car si nous n’y prenons garde, les risques de désintégration de la société française grandiront jusqu’à devenir inévitables. Il sera alors trop tard pour verser des larmes de crocodile sur une situation que par lâcheté on aura refusé d’affronter ».

Et d’alerter qu’il est « urgent que la France prenne l’initiative d’une conférence qui réunirait l’Union Européenne et nos voisins de la Méditerranée pour préparer un accord multilatéral sur l’immigration ». Seulement, pour Sarkozy, il ne faut pas réformer la politique européenne sur l’immigration, il faut la refonder. Et ‘insister que « naturellement, la liberté de circulation des Européens doit rester un principe intangible ».

Reste à savoir ce qu’il en est de la liberté de circulation des réfugiés, notamment ceux provenant de la Libye depuis le passage de ce même Sarkozy et compagnie de l’OTAN qui ont laissé ce pays d’Afrique du Nord sans dirigeant, et qui est devenu, faute de dirigeant, la nouvelle porte d’entrée de l’Europe et nouveau fief du terrorisme. Sous la couverture de l’OTAN, Sarkozy a pourtant bien contribué à désintégrer la société libyenne. Sauf que là, ce sont de vraies larmes (et non de crocodile) qui sont versées par des familles disloquées, dans la terreur.