Immigration : « les amoureux au ban public »

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Ils étaient une cinquantaine, jeudi, à s’être rassemblés devant la préfecture de Bobigny. Habillés en tenue de mariés, des couples mixtes ont manifesté pour défendre leurs droits et alerter l’opinion publique du sort réservé aux conjoints de ressortissants français. Reportage.

valentina.jpgQui a dit un jour que l’amour n’avait pas de loi ? Pour les couples dont l’un des conjoints est sans-papiers, cette maxime a un goût amer. Au nom de la lutte contre les mariages blancs et du contrôle de l’immigration familiale, les pratiques administratives françaises se sont durcies. Difficile, dans ces conditions, de se marier. A l’initiative du service œcuménique d’entraide, la Cimade, des couples mixtes de la France entière ont profité de la fête des amoureux pour alerter l’opinion publique sur leurs problématiques.

Le mariage, un casse-tête pour les couples mixtes

A Bobigny, ils étaient une cinquantaine à s’être rassemblés devant la préfecture en tenue de mariés. Tous réclamaient le droit de s’aimer librement. Entre la multiplication des procédures d’opposition du mariage, des refus de visas et de titre de séjour et les enquêtes sur la communauté de vie ne respectant pas les règles élémentaires de déontologie, le mariage devient pour ces amoureux un véritable casse-tête.
« Cela fait huit ans que je suis en France et on ne veut toujours pas renouveler mon visa. Après notre mariage, mon mari et moi avions souvent la visite des enquêteurs de police pour vérifier si notre mariage n’était pas faux, c’était infernale », confie à Afrik.com Malika, jeune femme d’origine marocaine, mariée à Laurent depuis 4 ans. Sans parler des remarques désobligeantes que doivent subir les amoureux. « Pour les gens, un Français qui vit en couple avec une étrangère c’est très mal perçu. Comme je suis égyptienne, beaucoup pensent que je suis musulmane et assimilent la religion aux extrémistes religieux », explique Sarah, arrivée en France il y a 12 ans et qui vit en couple depuis 5 ans. valentin.jpg

C’est pour éviter que ces situations ne perdurent qu’un collectif baptisé « Amoureux au ban public » a été créé, en juin dernier, à l’initiative de la Cimade. Ce mouvement répond à la nécessité pour les couples mixtes de partager leurs expériences. « Beaucoup se sentent isolés, ils ont l’impression que leurs cas est unique. Quand ils rencontrent d’autres personnes dans la même situation, ils prennent conscience qu’ils peuvent agir ensemble», conclut Cécile Poletti, coordinatrice du collectif Ile de France. Qu’on se le dise, les amoureux ne sont pas prêts de baisser les bras !

 Consulter le blog des Amoureux au ban public