Immigration : l’Italie menace l’UE si elle ne lui vient pas en aide

Après le naufrage de 17 migrants en provenance de la Libye, plusieurs responsables italiens s’en sont sévèrement pris à l’Union Européenne, qu’ils accusent de ne pas venir en aide au pays face à l’arrivée massive de migrants.

Le naufrage de 17 migrants , lundi, provenant de Libye, a marqué les esprits en Italie. Après ce énième drame de l’immigration sur les côtes italiennes, plusieurs responsables italiens s’en sont pris à l’Union Européenne accusée de ne pas s’impliquer suffisament pour mettre un terme à ce fléau. Le ministre italien de l’Intérieur, Angelino Alfano, a menacé, mardi, de « laisser partir d’Italie tous les demandeurs d’asile, si l’UE ne venait pas en aide à son pays ». Selon lui, « l’Europe a deux options : soit elle vient ici et met le drapeau européen sur l’opération Mare Nostrum, ou alors, une fois défini le statut des immigrés et vérifié qu’ils ont droit à la protection internationale et veulent aller dans d’autres pays, nous les laisserons partir ». La législation européenne en effet prévoit que les demandes d’asile soient traitées par le pays où arrivent les migrants contraints d’y rester jusqu’à la fin de la procédure.

Depuis l’automne 2013, après deux naufrages ayant fait plus de 400 morts près de Lampedusa et l’île de Malte, l’Italie a en effet engagé l’opération Mare Nostrum de secours aux migrants. Selon les autorités, plus de 36 000 migrants sont arrivés sur les côtes italiennes depuis début 2014. La situation de l’immigration clandestine dans le pays ne s’arrange guère. La représentante de la diplomatie de l’Union Européenne, Catherine Ashton, a exhorté, lundi, la Libye et l’Afrique à agir pour tarir les flux migratoires irréguliers. Elle a rappelé avoir soumis, en décembre, un plan d’action aux pays européens. Sans succès. Ce plan prévoit par exemple l’ouverture de canaux pour l’immigration légale et des visas humanitaires.

Marquée par l’histoire d’une mère somalienne

Le chef du gouvernement italien Matteo Renzi a lui aussi critiqué l’Union européenne : « l’Europe nous laisse seuls, il n’est pas possible de sauver des Etats, des banques, puis de laisser mourir des mères avec leurs enfants ». Le directeur pour l’Italie des secours à l’Ordre de Malte, Mauro Casinghini a évoqué une jeune médecin Antonella Godino qui a secouru des rescapés et a été très marquée par le cas d’Amina, une Somalienne : « Elle était transie, pleine de crampes, elle s’agrippait à un bout de bois avec l’eau jusqu’au menton et a réussi à tenir en-dehors de l’eau son bébé de quatre mois ». « Quatre heures et trois perfusions plus tard, elle a repris des couleurs et a pu allaiter son enfant », selon la jeune médecin.

D’après les estimations des ONG, plus de 20 000 migrants sont morts noyés ces 20 dernières années, en tentant de traverser la Méditerranée.