IBK se voit à la tête du Mali

Dans son fief de Sébénikoro (quartier populaire à l’ouest du centre de Bamako), Ibrahim Boubacar Keïta, dit IBK, a déposé dimanche matin son bulletin dans l’urne, sous les cris de soutien de ses partisans. Il livre ses premières impressions.

Dans la cour de l’Ecole AB de Sébénikoro, à l’ouest du centre de Bamako, près d’une vingtaine de bureaux de vote sont rassemblés. A 8h30, soit une demi-heure après l’ouverture officielle du scrutin dans tout le pays, l’effervescence est déjà palpable.  » Les gens vont voter en masse aujourd’hui « , assure Keïta, chauffeur de 33 ans. A 9h10, Ibrahim Boubacar Keïta, dit IBK, vient d’accomplir son devoir de citoyen dans l’un des bureaux de l’école. Accompagné par les démonstrations bruyantes de ses partisans, il a glissé solennellement son bulletin dans l’urne transparente. Autour du bureau, la foule se presse, certains ayant même abandonné leur place dans la file d’attente qui doit les mener au vote, pour essayer d’apercevoir le boubou blanc de l’homme politique. IBK est en confiance : il est chez lui ici. Premières impressions.

Afrik.com : Quel est votre état d’esprit en ce jour crucial ?

IBK : Je suis plein d’humilité mais aussi de gravité, au regard de l’importance de ce jour. J’ai souvent lutté pour d’autres personnes mais aujourd’hui, c’est moi qui suis concerné au premier chef. Vous voyez l’accueil qui m’est fait dans ce quartier déshérité. Mes concitoyens ont voulu exprimer leur soutien et j’y suis très sensible. Nous avons eu une campagne calme et apaisée et nous espérons que le vote de ce dimanche le sera tout autant. Je suis absolument confiant, tranquille et serein.

Afrik.com : Quelles sont vos chances de passer au second tour ?

IBK : On ne peut pas vraiment estimer le pourcentage de votes. Tout ce que je peux dire, c’est qu’après la campagne que nous avons menée, en parcourant tout le pays, nos chances sont certaines.

Afrik.com : Pensez-vous que ces élections seront totalement transparentes ?

IBK : J’ai entendu parler de certains problèmes liés aux cartes d’électeur, puis au nombre et à la mise en place des bulletins, mais je pense que ce matin tout est réglé dans la grande majorité des bureaux de vote. Il est encore trop tôt pour dire si le scrutin sera réussi à 100%.

Afrik.com : La campagne a été basée sur du spectacle plus que sur des programmes, qu’en pensez-vous ?

IBK : Je n’ai pas ressenti cette campagne comme un spectacle. Je l’ai prise très au sérieux et je n’ai pas eu l’impression d’avoir fait un show pour séduire les Maliens. Mon but n’était pas de me produire mais de parler aux gens des choses qui les concernent et les intéressent. Peut-être que cette campagne a été un spectacle pour d’autres candidats mais pas pour moi.

Afrik.com : On dit que vous êtes le candidat des islamistes ?

IBK : Le Mali est musulman à plus de 90%, ce qui représente la majorité de l’électorat. Je suis moi-même musulman mais je suis avant tout républicain et j’entends bien renforcer le système laïc dans le pays.