Hosni Moubarak, clé du processus de paix au Moyen-Orient

La diplomatie égyptienne se lance dans une offensive tous azimuts pour débloquer le processus de paix au Proche-Orient. Dernière initiative en date, la visite de travail en France (qui préside l’Union européenne), les 1er et 2 septembre, de M Moubarak.

Courtisé Moubarak ! Avant même que ne commence sa visite en France du 1er au 2 septembre, le président égyptien a reçu Bill Clinton, mardi 29 août, et le lendemain, le chef de l’autorité palestinienne, Yasser Arafat. Un défilé à objectif unique : débloquer le processus de paix au Moyen-Orient, comme tend à le confirmer la visite du ministre par intérim israélien des Affaires étrangères, Shlomo Ben Ami, qui a eu lieu ce mois-ci.

 » L’Egypte est très impliquée dans le processus actuel, en liaison avec les Etats-Unis et les parties, tente de rapprocher les points de vue « , a déclaré, hier, le ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine dans une interview au quotidien français,  » Le Figaro « .

Autrement dit : la clé du dénouement s’appelle Moubarak. Pourquoi ? D’abord, le gouvernement égyptien s’est décidé à constituer un tandem avec Washington avant que le processus de paix ne soit remis en cause par une déclaration unilatérale d’un Etat palestinien indépendant. Yasser Arafat a menacé de le proclamer le 13 septembre si aucun compromis n’était trouvé d’ici-là.

Le mont du Temple sous souveraineté internationale

Ensuite, on le sait, les discussions de Camp David avaient buté sur la question combien sensible de Jérusalem. Or, si le problème de la souveraineté ne serait toujours pas réglé, la diplomatie du Caire aurait, selon la presse égyptienne, proposé une solution qui retiendrait l’attention des deux parties. Le mont du Temple, où se trouvait jadis le temple hébreu rasé par les Romains et où, de nos jours, s’élèvent la mosquée El Aqsa et le Dôme du Rocher, ferait l’objet d’une souveraineté internationale comportant des dispositions spécifiques pour les juifs et les musulmans.

Autre atout de la diplomatie égyptienne : Le Caire abrite le siège de la Ligue arabe. De ce fait l’Egypte est la mieux placée pour convoquer un sommet de la Ligue. Et ce, d’autant plus qu’elle vient de recevoir l’accord de la Syrie, l’autre acteur de poids dans la résolution de la crise, pour la tenue d’une telle réunion.

Fort du soutien des Usa, et sans doute de l’Europe dont la France assure actuellement la présidence, Hosni Moubarak recevra dans les jours qui viennent le président Bachar El Assad, dans le but probable de l’associer complètement à ses propositions.