Hayet Ayad ouvre les portes de ses « Jardins d’Orient »

Hayet Ayad, chanteuse d’origine kabyle, mène depuis quinze ans un parcours artistique centré sur la promotion des idées de tolérance, de paix et d’amitié. De sa voix grave, chaude et intemporelle, elle chante la Méditerranée et offre la lecture contemporaine d’un patrimoine musical séculaire à l’étrange modernité. Son nouvel album, Jardins d’Orient (Hayet Ayad prod) a été réalisé dans cet esprit.

Hayet Ayad est une artiste totalement autodidacte, qui a une histoire étonnante. Née en France de parents algériens, elle grandit à Strasbourg, et abandonne l’école à 15 ans : l’établissement l’oriente alors vers une formation de vendeuse, la jugeant « incapable de faire autre chose », nous raconte-t-elle. De petits boulots en petits boulots, un jour, Hayet prend un cours de Tai-Chi, et là, le professeur demande de produire un son: Hayet entend sa voix comme pour la première fois, sent « comme un arc se tendre » dans son corps, et décide de sa vocation : elle chantera.

La découverte de l’Espagne, lors d’un voyage effectué à 20 ans, fut un choc pour la jeune fille. Hayet se lance alors à la découverte du patrimoine musical de l’Andalousie d’autrefois – les chants médiévaux, et souvent religieux, des trois religions, chrétienne, musulmane et juive – et commence à chanter dans les rues, et dans les églises, au ticket – les recettes sont fonction des entrées. Bien des années plus tard, Hayet Ayad est aujourd’hui une artiste confirmée, qui se produit dans divers festivals dans le monde, et a participé à plusieurs musiques de films, dont « Le temps des Gitans », de Tony Gatlif. Un documentaire lui a même été consacré.

Elle vient d’auto-produire ce disque, Jardins d’Orient (Hayet Ayad prod), réalisé lors d’un concert donné en novembre 2006. Accompagnée de José Maria Cortes au ‘oud, et rythmant son chant d’un simple tambour, Hayet restitue l’esprit des troubadours itinérants de jadis, qui n’avaient ni ampli ni synthé, mais leur seule voix, et au plus un ou deux instrumentistes à leurs côtés… Et vous serez littéralement envoûté, comme nous l’avons été, par les chansons chantées par l’artiste a capella, comme dans « Wach’b Qali » : comme si vous écoutiez un chant immémorial, venu jusqu’à vous, inchangé, par-delà des siècles d’histoire.

En quelques pièces qui sont ainsi de pures merveilles vocales (écoutez sa version de « Baytûn Marara »…), Hayet nous prouve, après tant d’autres artistes, que la voix, nue, reste le plus bel instrument du monde, malgré tous les progrès de la technologie…

 Hayet Ayad, Jardins d’Orient, (Hayet Ayad prod), 2007

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