Harubuntu : édition 2009

L’édition 2009 du concours Harubuntu est sur les rails pour découvrir ceux qui valorisent le continent, contribuant ainsi à détruire les clichés qui circulent sur l’Afrique. Le Concours des porteurs d’espoir et créateurs de richesse africains est une initiative commune de l’ONG belge Echos Communication et de Cités et gouvernements locaux unis d’Afrique (CGLUA) qui rassemblent les autorités locales du continent. Entretien avec Wivine Hynderick, la coordinatrice du concours Harubuntu.

Propos recueillis par Falila Gbadamassi

La première édition du concours Harubuntu des porteurs d’espoir et créateurs de richesse africains s’est déroulée en 2008. Cinq lauréats ont été récompensés pour leurs différentes initiatives et leur capacité à véhiculer une nouvelle image du continent africain.

Afrik.com : Au moment où vous lancez la deuxième édition du concours Harunbuntu, quel bilan faites-vous de la première, du point de vue de la participation et de la sensibilisation à cette initiative qui vise à changer le regard que l’on a sur l’Afrique, notamment en Europe ?

Wivine Hynderick :
Pour une première édition, nous sommes assez satisfait des résultats. Plus de 700 candidats ont participé au concours et nous avons reçu le soutien de beaucoup de personnalités. De plus, un nombre important de journalistes ont couvert la remise des prix. Je pense que c’est un succès… Même s’il y a encore du travail à faire pour toucher toute l’Afrique ! Néanmoins, nous ne voulons pas nous focaliser uniquement sur des objectifs quantitatifs. Harubuntu, au-delà du concours des porteurs d’espoir et créateurs de richesses africains, veut questionner l’image que l’Europe a de l’Afrique mais également que l’Afrique a d’elle-même. Il s’agit d’une campagne de valorisation dont le but est de questionner les dynamiques de collaboration et de partenariat entre nos deux continents.

Afrik.com : A qui s’adresse le concours ? A-t-il évolué, pourquoi et quelles sont les nouveautés ?

Wivine Hynderick :
Le concours s’adresse toujours aux Africains résidant en Afrique qui sont porteurs d’un projet déjà lancé dans les catégories suivantes : entrepreneuriat, autorité locale et société civile.
Outre ces conditions de participation, nous nous focalisons, cette année, sur trois dimensions importantes pour la sélection des candidats.
D’abord, la dimension estime de soi : elle concerne la personne qui est à l’initiative du projet. Qui est-elle ? Pourquoi a-t-elle lancé ce projet? Qu’est ce qui l’anime ? Puis l’aspect création de richesses : quel est son projet ? Comment celui-ci valorise-t-il les potentiels locaux ? Quel est l’impact du projet ? Comment cette personne mobilise-t-elle d’autres personnes autour du projet ? Enfin, la dimension communication : quelle vision ce porteur de projet a-t-il pour l’Afrique ? Comment conçoit-il un développement africain ? Quels sont les relais de communication dont il dispose pour relayer sa vision ?

Afrik.com : Le concours propose un suivi des lauréats. Que sont sont devenus les cinq lauréats de l’édition 2008 et ou en sont-ils dans la conduite de leurs nouveaux projets ?

Wivine Hynderick :
Nous restons en contact avec les candidats 2008. Au Sénégal, une deuxième édition d’Handifestival, coup de coeur du jury, a eu lieu à la fin de l’année dernière. Ce fut un succès. Nous avons été heureux de constater la mobilisation médiatique autour de cet événement. Concernant la plage de Ngor dont la mairie a reçu le prix autorité locale, le maire Mamadou El Hadj Kane a été réélu et il continue, avec son équipe, à s’investir dans le projet de cogestion de la plage. Une partie de notre équipe est actuellement à Dakar pour rencontrer ces deux lauréats. De plus, une formation a été organisée par Echos Communication, en Casamance, pendant quelques jours sur les styles d’apprentissage et Deo Baribwegure, prix société civile 2008, y a pris part, faisant ainsi le lien avec ses méthodes d’enseignement. Notre responsable multimédia a également rencontré les responsables du deuxième coup de cœur du jury, le journal Graine d’espoir au Mali. Quant à Joseph Danjie à l’origine du projet Africaura, prix entrepreneuriat 2008, il est en train de mettre en place une école africaine du scénario. Nous espérons pouvoir le rencontrer très bientôt. De plus, nous envisageons de réaliser un atelier à Bruxelles, en novembre 2009, avec les anciens et nouveaux lauréats.

Afrik.com : Quel est le calendrier d’Harubuntu 2009 ?

Wivine Hynderick :
L’appel à candidatures est ouvert jusqu’au 30 mai 2009, ensuite le jury se réunira pour présélectionner 12 lauréats. Les missions de terrain, nécessaires pour apprécier la réalité et le profil des candidats, auront lieu en juillet et août. La remise des prix aura lieu à Marrakech, au Maroc, en décembre dans le cadre du Sommet africain des collectivités locales.

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