Harkis : la reconnaissance après l’ignorance

40 ans après le massacre des Harkis, la France leur rend enfin un hommage national. Le président Jacques Chirac a inauguré ce mardi matin, dans la cour d’honneur du monument des Invalides, une plaque gravée en reconnaissance des sacrifices subis par les familles des 400 000 Harkis vivant en France.

« Une armée victorieuse en rase campagne désarme les siens, les livre à l’ennemi pour un holocauste sans précédant dans l’Histoire. » Il s’agit encore une fois d’un épisode peu glorieux de l’Histoire. Ce peuple de Harkis qui a combattu aux côtés de la France, se retrouve abandonné à son propre sort après la Guerre d’Algérie. Torturés par les siens pour les avoir trahis et rejetés par la France qui n’a plus besoin d’eux, ils se retrouvent menacés, sans territoire ni identité.

C’est pourquoi Jacques Chirac et le Premier ministre Lionel Jospin ont tenu à rendre hommage, en signe de réparation aux troupes de tirailleurs, de spahis, d’artilleurs d’Afrique du Nord, et de zouaves qui ont combattu pendant la guerre d’Algérie. Jacques Chirac a ensuite dévoilé une plaque sur laquelle est gravé l’article 1er de la loi du 11 juin 1994, adoptée à l’unanimité par le Parlement : « La République française témoigne sa reconnaissance envers les rapatriés anciens membres des formations supplétives et assimilés ou victimes de la captivité en Algérie pour les sacrifices qu’ils ont consentis ».

Accords d’Evian

Les déclarations gouvernementales relatives à l’Algérie, dites Accords d’Evian, constituent l’aboutissement de négociations engagées secrètement en 1961 entre les représentants du gouvernement français et les représentants du FLN (Front de Libération Nationale)

Dans la réalité, le gouvernement français les a totalement ignorés. Rien n’a été prévu pour eux, aucune garantie, pas même formelle. Leur existence est purement et simplement niée, de sorte qu’ils deviennent ressortissants algériens. La nationalité française avec les garanties qui s’y attachent leur est ainsi retirée malgré eux, ce qui est contraire à l’article 15 de la Déclaration des droits de l’homme qui prévoit que « nul ne peut être privé de sa nationalité sans son consentement. »