Happy birthday, Elephant

Quarante ans ! L’âge de la maturité. L’âge de l’expérience et de la vie devant soi. Le bel âge ! Il y a quarante ans naissait un futur grand d’Afrique : le Nigeria accédait à l’indépendance rompant les liens de domination avec le colon britannique.

Mais ce chemin vers la maturité ne s’est pas fait sans douleur.

Entre guerre du Biafra et dictatures militaires, le sang et les larmes ont laissé des traces indélébiles sur le sol et les consciences de la fédération. Quant à la junte prédatrice qui a présidé à sa destinée, elle n’a réussi qu’à aggraver une misère obscène de la majorité de la population et jeté le Nigeria au ban des nations démocratiques.

Aujourd’hui, la patrie la plus peuplée d’Afrique (120 millions d’habitants), considérée comme la plus grande puissance de l’Ouest du continent est un éléphant aux pieds d’argile. Premier au hit parade des nations corrompues, bien placé au classement des pays affrontant les situations sociales les plus explosives, le tout nouveau Nigeria démocratique doit encore faire face au spectre de la sécession. Car c’est bel et bien l’enjeu qui se joue au Nord, avec la proclamation de la loi islamique, la charia, qui s’impose, petit à petit dans tous les états septentrionaux, provoquant des émeutes meurtrières.

Gageons que le gouvernement d’Olesegun Obasanjo relèvera tous les défis qui attendent le pays en ce début de millénaire. Gageons que la voie démocratique qu’a choisi le pays saura éviter les affres de la guerre civile et réduira la pauvreté qui ronge la société nigériane comme l’arsenic dévore le cuivre. Ce n’est pas grand chose l’espoir… et c’est énorme. Si, si. Et c’est l’Histoire qui nous le dit.