Haïti : Wyclef Jean ne badine pas avec ses rêves présidentiels

Wyclef Jean revient dans la course présidentielle haïtienne. Après avoir été mis sur le banc de touche par le Conseil provisoire électoral, le chanteur a décidé de faire appel lundi de la décision de cette institution.

« Si j’étais président, je serais élu vendredi, assassiné samedi, enterré dimanche. Et après, je serais retourné au travail le lundi ». Les paroles de la chanson de Wyclef Jean, If I was a president, sortie dans les bacs en 2006, étaient presque prémonitoires. Vendredi dernier alors que le Conseil électoral provisoire (CEP) annonçait le rejet de sa candidature aux présidentielles de Haïti et que tout semblait perdu pour le rappeur, une information sur le site Twitter a défrayé la chronique. Wyclef Jean est revenu dans la vie politique. Il a décidé dimanche de faire appel de la décision du CEP. Ses avocats ont d’ailleurs indiqué qu’ils tiendraient une conférence de presse à Port-au-Prince lundi pour expliquer de quelle façon ils comptaient contester le choix du Conseil. « Nous avons rempli tous les critères fixés par les lois » pour participer au scrutin, a affirmé le chanteur sur le site communautaire. Et de conclure : « la loi doit être respectée». Depuis quelques semaines, l’artiste était dans la ligne de mire du Conseil car il ne vivait de façon permanente à Haïti. Un motif de rejet de candidature pour cette institution électorale.

Quand le Phoenix renaît de ses cendres

Rien ne laissait présager un tel revirement de situation. Au départ, le chanteur s’était montré plus timoré. Il avait accepté le choix du Conseil, « enjoint ses partisans à faire de même » et envisagé de quitter l’île dimanche. Mais la ferveur des ses sympathisants l’ont incité à rester. Le chanteur très populaire auprès des jeunes haïtiens a senti que sa course aux présidentielles n’était pas encore terminée.

Manifestation en faveur de Wyclef Jean

Samedi, l’exclusion du rappeur avait fait craindre des débordements dans la capitale. La Mission de l’ONU en Haïti (Minustah) avait appelé dans un communiqué « les candidats et partis politiques participants aux élections présidentielles et législatives à respecter (…) la Loi électorale » et « à promouvoir auprès de leurs membres (…) la plus grande sérénité et le respect des électeurs » durant la période électorale qui commence.

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