Haïti et le Vaudou : les racines africaines bien vivantes

hommes ou taureaux?

D’ou vient le Vaudou haïtien? A partir du XVème siècle les populations africaines de la Côte de l’Or et de l’actuel Bénin, qui pratiquaient le Vaudou, furent victimes de la traite des Noirs. La plupart des historiens s’accordent à dire que les composantes principales du Vodou trouvent leur origine au Bénin et au Nigeria, puis que cette pratique religieuse s’est répandue un peu partout dans le monde du fait de la « traite » qui fut particulièrement vive dans cette région de l’Afrique.

En dépit de tous les préjugés et de toutes les persécutions dont ses adeptes furent l’objet, le culte Vaudou garde aujourd’hui encore une place importante dans le cœur et la vie des Haïtiens. Pour beaucoup, le Vaudou fait partie intégrante de la culture haïtienne même s’il souffre parfois d’une mauvaise image, liée à l’idée que les cérémonies Vaudou servent aussi à des pratiques maléfiques destinées à nuire à certaines personnes ou à en favoriser secrètement d’autres…

Le Vaudou, tel qu’il se pratique aujourd’hui en Haïti, constitue une symbiose des religions ouest-africaines avec le culte catholique. La métaphysique Vaudou inclut au-delà et un « Grand Maitre organisateur du monde visible et invisible ».

70% des Haïtiens

L’initiation au Vaudou est ouverte à toutes les catégories de la population haïtienne : d’après les statistiques officielles, environ 70% des Haïtiens ont une connaissance précise du Vaudou et le respectent ou le pratiquent. Les pratiques consistent en offrandes et sacrifices accompagnés de danses et de louanges destinées a provoquer l’apparition des puissances sacrées dans le corps même de l’adepte du Vaudou.

D’après Maître Elien Edouard, maitre haïtien du Vaudou qui à plusieurs reprises représenta Haïti comme « hougan » en Afrique, il y a plusieurs règles a respecter en Vaudou, dont la plus importante est le vœu de secret et de respect prêté lors de l’initiation. Cela limite, bien évidemment, les confidences des adeptes…

Le rôle des prêtres

L’acheminement vers la maîtrise au sein de la religion Vaudou comporte plusieurs étapes, jusqu’à celle de « hougan assogwe », et ce cheminement, comme l’initiation elle-même, est accessible à toute personne motivée, quelle que soit sa couleur, son sexe, son origine, son âge, son rang social et ses convictions.

Les prêtres Vaudou ont ensuite vocation à aider ceux qui sont en difficulté dans leur vie : ils tentent de concilier les forces de l’Esprit avec les besoins de ceux qui en appellent à eux, qu’il s’agisse de trouver des médicaments pour des personnes malades, ou de prodiguer des bains de chance pour trouver faire sortir un adepte d’une période difficile, lui trouver un travail, lui permettre de séduire et même de réussir…

Le rôle de la danse et des transes

Les pratiquants du Vaudou invoquent Dieu le créateur avant n’importe quelle cérémonie, puis ils utilisent la danse et la transe pour se laisser posséder par les forces de l’esprit… Et nombreux sont ceux qui en Haïti respectent secrètement le calendrier Vaudou dans les activités, professionnelles ou autres…

En Janvier, voué aux esprits radas les vaudouisants sont vêtus de blanc, en février, c’est le cycle des esprits Kongo venus d’Afrique, en mars, c’est l’époque des « Rara », les vaudouisants sortent dans la rue avec le rythme vaudou… Puis vient avril, cycle des esprits Ibo, tandis qu’en mai les initiés célèbrent la nature… Juin marque le début du cycle Ogou (Loa ou mystères) et juillet les adeptes font des sacrifices de taureaux… En août a lieu la célébration d’un mystère appelé Damballah. En septembre, c’est la sortie des tambours… Autant de moments différents qui rythment la vie des adeptes du Vaudou et donc un peu, aussi, la vie de la communauté haïtienne.

L’Afrique vivante, c’est cette Afrique qui vibre des deux côtés de l’Atlantique, cette Afrique dont les esprits, à travers le Vaudou haïtien par exemple, continuent d’animer tous ses fils, éparpillés sur les 5 continents.