Podium de Hadjar à Bakou : la France célèbre son pilote algérien


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Isack Hadjar
Isack Hadjar

Troisième du Grand Prix d’Azerbaïdjan pour son retour de blessure, Isack Hadjar a déclenché samedi une vague de cocoricos sur les réseaux sociaux français. Ses racines algériennes, qu’il revendique volontiers, en sont restées absentes.

Privé de trois Grands Prix par une blessure au poignet contractée à l’entraînement pendant la trêve estivale, le pilote Red Bull a repris le volant à Bakou. Qualifié quatrième, il a dépassé Lando Norris puis Charles Leclerc dans les premiers tours, avant de profiter d’une erreur de freinage d’Oscar Piastri au premier virage du 40e tour. Il a finalement terminé derrière George Russell et Max Verstappen, séparés sur la ligne par moins de deux dixièmes. Red Bull n’avait plus placé ses deux voitures sur le podium depuis avril 2024.

Convoqué après l’arrivée par les commissaires pour une procédure de départ simulé lors des tours de reconnaissance, Hadjar s’en est tiré avec un simple avertissement. C’est le troisième podium de sa carrière. À Monaco, en juin, le précédent podium lui était revenu sur tapis vert, après les pénalités infligées à Pierre Gasly.

« Le Français », « notre prodige »

Samedi, les comptes spécialisés français ont salué le résultat d’une même voix, drapeau tricolore à l’appui. La Fédération française du sport automobile (FFSA) a titré « Isack Hadjar sur le podium à Bakou », trophée et drapeau bleu-blanc-rouge en prime, en précisant qu’avec ces 15 nouveaux points, « le Français » portait son total à 86. Le média Dernier Secteur a salué le « superbe week-end du Français ». Le compte Sportricolore, consacré aux athlètes tricolores, a évoqué la « magnifique performance de notre prodige » etc.

Ce possessif donne le ton de la soirée car aucune de ces publications ne mentionne l’Algérie, et la presse suit la même ligne : chez Eurosport, Hadjar est tour à tour « le Français » et « le Francilien ».

Le vocabulaire n’a rien d’abusif. Hadjar est né à Paris le 28 septembre 2004 et concourt sous la nationalité sportive française ; la FFSA est dans son rôle lorsqu’elle célèbre l’un de ses pilotes. Le silence porte sur l’autre partie de son identité.

Ce que dit l’autre rive

À Alger, le récit prend une autre couleur. Dès décembre 2024, El Khabar présentait Hadjar comme « le jeune Algérien » et relevait qu’il évoque régulièrement en interview l’importance de la culture algérienne dans sa détermination. En réalité Hadjar continue de se présenter comme franco-algérien, et rappelle qu’à 12 ans, il avait été invité sur le plateau de Canal Algérie lors d’un challenge de karting disputé dans le pays de ses parents. Son père, Yassine Hadjar, physicien et enseignant-chercheur, est originaire d’Alger et sa mère est libano-algérienne.

La frontière ne suit pas pour autant celle de la langue. Avant la course, la dépêche de l’AFP en arabe, reprise notamment par Monte Carlo Doualiya, le désignait comme « le pilote français ».

L’ombre de Zidane

Le rapprochement avec Zidane, qui a réussit hier soir son premier match en tant que sélectionneur de l’équipe de France, renvoie à un débat ancien sur la place accordée en France aux champions issus de l’immigration maghrébine, dont la double appartenance revient souvent dans la discussion au moment des revers. En 2011, Karim Benzema avait décrit ce mécanisme dans So Foot : « En gros, si je marque, je suis français, mais si je ne marque pas ou qu’il y a des problèmes, je suis arabe. »

Hadjar n’a pas encore connu la version défavorable de cette équation. Il fêtera ses 22 ans lundi, huitième du championnat avec 86 points et un contrat Red Bull prolongé jusqu’en 2027.

Amadou Atar
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Amadou Atar est une référence dans le monde du football africain. Il est précis et objectif dans ses articles, même si on ne peut lui enlever un penchant historique pour le mythique club français de Saint-Etienne où sont passés plusieurs des plus grands joueurs africains de l'histoire
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