
À Kinshasa cette semaine, c’est dans une atmosphère à la fois studieuse et politique que Gouvernement et Parlement ont franchi une étape importante dans le suivi des recommandations parlementaires. Lundi 23 mars, la clôture des travaux a marqué l’aboutissement de plusieurs mois d’échanges, de concertation et d’évaluation, au cœur d’un enjeu clé : la redevabilité de l’action publique.
À la manœuvre, le ministre des Relations avec le Parlement, Guy Loando Mboyo, s’est imposé comme l’un des artisans de ce dialogue institutionnel renforcé. En présence de plusieurs membres du Gouvernement et de responsables des deux chambres, cette séquence a donné à voir une volonté assumée de structurer davantage les relations entre l’exécutif et le législatif.
« Nous avons clôturé […] les travaux de suivi de l’exécution des recommandations parlementaires, marquant l’aboutissement d’un exercice démocratique majeur », a déclaré le natif de Mbandaka dans la Tshuapa, soulignant la portée de cette initiative, à la fois technique et profondément politique.
Autour de lui, plusieurs figures institutionnelles ont pris part à ces travaux, parmi lesquelles le ministre d’État à la Formation professionnelle Marc Ekila, le ministre des Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication José Panda, mais aussi des représentants du Parlement, à l’instar du rapporteur de l’Assemblée nationale Jacques Djoli et du rapporteur adjoint du Sénat Jean-Claude Baende. Une configuration qui illustre, en creux, la transversalité des enjeux abordés.
Quelle efficacité pour l’action publique?
Car au-delà de la séquence protocolaire, c’est bien la question de l’efficacité de l’action publique qui était au centre des discussions. Comment s’assurer que les recommandations issues du Parlement ne restent pas lettre morte ? Comment garantir leur traduction concrète dans les politiques publiques ? Autant d’interrogations auxquelles ces travaux ont tenté d’apporter des réponses opérationnelles.
Les échanges ont permis d’évaluer le niveau d’exécution des recommandations formulées par les élus, tout en identifiant les blocages persistants. Une démarche saluée par un député de l’UDPS, le parti présidentiel, comme un « aboutissement d’un travail collectif de plusieurs mois au service de la gouvernance », signe d’une volonté de sortir d’une logique purement déclarative.
Cette séquence institutionnelle intervient dans un contexte politique où Guy Loando Mboyo apparaît, aux yeux de nombreux observateurs, comme l’un des piliers solides d’une majorité présidentielle régulièrement traversée de tiraillements, comme l’ont démontré les départs forcés du perchoir de Vital Kamerhe ou, plus récemment, du bureau du Sénat de Modeste Bahati Lukwebo.
À la tête de l’AREP, sa formation politique, l’ancien ministre à l’Aménagement du territoire, passé aux Relations avec le Parlement à la faveur du remaniement d’août 2025, s’est toujours inscrit dans une ligne de loyauté constante à l’égard du président Félix Tshisekedi, sans jamais s’en écarter.
Depuis plusieurs mois toutefois, son positionnement et son activisme lui valent d’être la cible de campagnes diffamatoires récurrentes dans certains cercles politico-médiatiques. Une situation que l’intéressé choisit de traiter avec distance. « On sait très bien d’où proviennent ces attaques. Mais Guy préfère les ignorer et tracer son chemin. Il reste constant dans ses idées et dans sa fidélité au chef de l’État », confie un sénateur du Grand Équateur qui connait le sujet sur le bout des doigts.
Et d’ajouter, dans un registre plus direct : « Il n’a pas à s’abaisser à ce qui relève du caniveau. » Une manière de résumer la stratégie adoptée par le ministre : se concentrer sur sa mission plutôt que perdre temps et énergie en polémiques.
Traduire les engagements pris dans la durée
Reste désormais à traduire les engagements pris cette semaine dans la durée. Car « si la tenue de tels travaux marque une avancée indéniable, leur impact réel dépendra de leur capacité à produire des effets tangibles sur le terrain », prévient depuis son bureau de La Gombe, l’une des communes de la capitale congolaise, ce responsable d’une ONG spécialisée dans le suivi de l’action publique.
« Le temps de la simple formulation des recommandations est révolu. Il est grand temps de passer à leur mise en œuvre effective. On ne veut plus de paroles, mais des actes », insiste-t-il. C’est précisément sur ce point que Guy Loando Mboyo, qui occupe aujourd’hui un rôle central dans l’architecture institutionnelle congolaise à la croisée du dialogue politique et de l’efficacité publique, est attendu.




