Guinée : vers une décrispation de la crise

Le ministère français des affaires étrangères a annoncé vendredi dans un communiqué la tenue d’une réunion des acteurs politiques guinéens prévue ce lundi à Conakry. Selon le Quai d’Orsay, cette réunion doit permettre la participation de tous aux futures élections législatives que « la France appelle de ses vœux afin de sortir de l’impasse politique ».

(De notre correspondant à Conakry)

Vers une sortie de crise en Guinée. Les différents acteurs politiques guinéens (ppposition et gouvernement) ont décidé de retourner à la table des négociations. C’est le ministère français des Affaires étrangères qui l’a annoncé dans un communiqué : « La France accueille favorablement l’organisation le 3 juin à Conakry, à l’initiative du facilitateur de la communauté internationale, Saïd Djinnit, d’une réunion rassemblant les acteurs politiques guinéens ». Et d’ajouter : « La France appelle instamment l’ensemble des acteurs politiques guinéens à faire preuve de responsabilité et à s’engager sans arrière-pensées dans un dialogue de fond, dans l’intérêt supérieur du pays, de sa stabilité et de son développement ».

Depuis la capitale sénégalaise, le facilitateur international du dialogue inter-guinéen, l’algérien Saïd Djinnit, a également salué cette décision des acteurs politiques de revenir à la table des négociations. « J’encourage les parties à participer à la prochaine rencontre dans un esprit constructif et d’ouverture pour créer les conditions de la tenue d’élections législatives libres, transparentes et pacifiques et permettre ainsi à la Guinée de parachever la mise en place de ses institutions démocratiques et s’assurer que toutes les énergies et les ressources du pays soient mises en œuvre au service du développement et de l’amélioration des conditions socio-économiques des populations », a-t-il souhaité.

Les conditions pour l’organisation des élections législatives opposent depuis deux ans l’opposition et le gouvernement. L’opposition réclame le départ de l’opérateur de saisie sud-africain, Waymark dont elle accuse l’opacité de son recrutement et la participation des guinéens de l’étranger au vote. Chose auquel le gouvernement s’oppose. La goutte d’eau qui a débordé le vase, c’est le décret prit par le président Alpha Condé fixant la date des élections législatives le 30 juin prochain.

Depuis l’annonce de cette date, l’opposition a multiplié ses séries de manifestations de rue à Conakry et sur l’ensemble du pays. La dernière en date a fait une douzaine de morts, plusieurs blessés graves ainsi que des dégâts matériels. De retour en Guinée en début de semaine, le président guinéen Alpha Condé a condamné ces violences et annoncé la mise en place d’un pool de juges pour faire la lumière sur ces différentes violences qui ont secoué la capitale guinéenne.

Au cours de cette semaine, deux leaders de l’opposition, en l’occurrence Cellou Dalein Diallo, président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) et Lansana Kouyaté, président du parti de l’espoir et du développement national (PEDN), séjournent à Paris pour rencontrer les autorités françaises au plus haut niveau pour parler de la crise politique en Guinée. Peut-on dire que c’est cette offensive diplomatique de l’opposition qui a porté ses fruits ?