Guinée : Saïd Djinnit, le sauveur !

La marche de l’opposition guinéenne prévue pour ce jeudi 9 mai a été suspendue grâce à la médiation du représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en Afrique de l’Ouest, désigné récemment comme le facilitateur de la crise guinéenne, Saïd Djinnit.

(De notre correspondant à Conakry)

L’opposition guinéenne dite républicaine a annoncé dans l’après-midi de mercredi la suspension de sa manifestation prévue ce jeudi 9 mai dans les rues de Conakry, la capitale, pour réclamer l’organisation des élections législatives libres et transparentes dont la date est fixée au 30 juin prochain. Selon le porte-parole de l’opposition, Aboubacar Sylla, c’est le facilitateur onusien de la crise guinéenne, l’Algérien Saïd Djinnit qui a pesé de tout son poids pour les faire plier. « Il nous a demandé de donner une chance au dialogue avec les autorités », a indiqué le porte-parole de l’opposition.

Avant tout dialogue, les opposants avaient auparavant posé des préalables à savoir entre autres, l’annulation du décret du président Alpha Condé convoquant les électeurs aux urnes au compte des élections législatives pour le 30 juin, la libération de ses militants arrêtés lors des manifestations. A travers une déclaration, le collège des facilitateurs du dialogue guinéen s’est réjoui de cette décision de l’opposition de suspendre sa marche : « A ce sujet, nous nous félicitons de la décision de l’opposition de reporter sa manifestation qui était prévue pour ce jeudi 9 mai. Dès demain, la facilitation entreprendra des consultations avec les parties concernées pour discuter des voies et moyens pour un retour au dialogue dans les meilleurs délais ».

Les marches de l’opposition à Conakry ont toujours été émaillées de violences. Celle de jeudi dernier a fait quarte morts, plusieurs blessés et d’importants dégâts. Cette autre manifestation devait connaître le même scénario puisque le gouverneur de la ville de Conakry Sékou Resco Camara avait d’ores et déjà interdit le mouvement social sur l’itinéraire proposé par l’opposition, du rond-point de l’aéroport à l’esplanade du Palais du peuple.

« Franchement, je suis trop content pour cette décision de l’opposition de suspendre sa marche », se réjouit Alpha Oumar Diallo, coiffeur dans la banlieue de la capitale guinéenne. « Nous souffrons beaucoup avec ces marches répétitives. Il faut que les acteurs politiques guinéens acceptent de s’asseoir sur la table de négociation. Sinon, c’est nous la population lambda qui souffrons », déplore-t-il.

Même son de cloche pour cet autre citoyen, N’fa Cissé, âgé d’une vingtaine d’années : « Vraiment, les Guinéens souffrent avec ces manifestations. Il faut sortir pour trouver de quoi manger. Le Guinéen vit au jour le jour. C’est lorsqu’on sort qu’on trouve de quoi manger le lendemain ».