Guinée : les réfugiés à la merci des recruteurs des milices

Manque de nourriture, insécurité : la situation des camps de réfugiés dans le sud de la Guinée est plus que précaire. Le HCR craint que les nombreuses milices armées de la région ne soient tentées d’y recruter de nouveaux membres.

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) s’inquiète des possibles risques de recrutement de réfugiés, en Guinée, par les milices armées en recrudescence dans la région. Problèmes de nourriture, climat général d’insécurité : la situation dans les camps est devenue extrêmement tendue.

 » Depuis les attaques de décembre et celles de janvier, il y a de nombreux camps auxquels nous n’avons plus accès (…) Les mouvements armés prolifèrent pour tirer profit de la déstabilisation de la région « , explique-t-on au HCR. Pour sa propre sécurité, mais aussi contraint par l’armée guinéenne, l’acheminement de l’aide humanitaire se retrouve largement paralysé. Les champs de la région de Guéckédou se trouvent ainsi interdits aux membres du HCR, repliés sur leur base régionale de Kissidougou.

Des réfugiés vulnérables

Les milices se font de plus en plus présentes aux abords des champs et même parfois à l’intérieur.  » Des personnes armées de grenades et d’armes légères ont été vues hier dans le champ de Nyaédou pendant la distribution de nourriture « , rapporte un communiqué du HCR.

L’organisation internationale s’alarme  » qu’il n’y ait pratiquement pas d’ordre dans la région « . Un contexte anarchique où les milices qui sillonnent la zone ne sont d’ailleurs pas toujours identifiables. Libériennes, sierra-léonaises, on ne sait trop. Toujours est-il que chacune dispose d’arguments solides pour recruter de nouveaux membres parmi les réfugiés. En effet, la pénurie alimentaire et la présence de nombreux enfants-soldats dans les camps constituent, pour eux, des leviers tout trouvés de recrutement.