Guinée : les jours sont Conté

L’intersyndicale guinéenne, à l’origine d’une grève générale de 18 jours, qui a paralysé la Guinée en janvier dernier, menace de reprendre le mouvement si un Premier ministre n’est pas nommé d’ici le 12 février prochain. Les leaders syndicaux n’ont pas manqué de rappeler, lundi, que leur mouvement n’avait fait l’objet que d’une suspension.

Les syndicats ont menacé, lundi, le président guinéen Lansana Conté de reprendre leur grève si un Premier ministre n’est pas nommé d’ici le 12 février prochain. Le mouvement démarré le 10 janvier dernier et qui, pendant 18 jours, a paralysé tout le pays n’avait été suspendu qu’avec la promesse du Chef de l’Etat guinéen de nommer dans les plus brefs délais un Premier ministre.

« Aujourd’hui (lundi), on a décidé d’adresser une déclaration officielle à l’autorité, pour leur dire que, si d’ici dimanche (prochain), le protocole n’est pas mis en application, nous allons lancer un appel à la mobilisation de tout le peuple de Guinée, pour faire observer la grève qu’on a suspendue », a menacé Ibrahima Fofana, le leader de l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG), lors d’une rencontre qui a réuni les l’intersyndicale. « Nous avons été patients jusqu’ici et nous sommes aujourd’hui au bout de notre patience », a poursuivi M. Fofana.

Un ultimatum pour secouer Conté

Seul un décret relatif aux attributions du Premier ministre a été promulgué le 31 janvier dernier. Il stipule que le prochain hôte de la Primature sera le chef du gouvernement et aura notamment la charge d’organiser les prochaines élections. « Les cadres compétents et intègres ne manquent pas en Guinée », a jugé bon de rappeler, lundi, Hadja Rabiatou Serah Diallo, la secrétaire générale de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG), porte-parole de l’intersyndicale. Quelques jours auparavant, avec M. Fofana, ils avaient réaffirmé qu’ils n’étaient, pour leur part, en rien intéressés par le poste.

Les Guinéens et leurs responsables syndicaux sont d’autant plus impatients que, vendredi dernier, des décrets portant nomination des nouveaux ambassadeurs guinéens en Suisse et au Maroc et du nouveau directeur général du Port Autonome de Conakry ont été diffusés sur les antennes de la télévision nationale. Et ce n’est pas le geste des autorités guinéennes envers les familles éplorées des 59 morts de la grève générale de janvier qui risque de les calmer. Le gouvernement aurait remis, lundi, une enveloppe de deux millions de francs guinéens à chacune des familles concernées.