Guinée : le dialogue va-t-il accoucher d’une souris ?

L’opposition et le pouvoir ont repris ce lundi 3 juin le dialogue politique sous les hospices du collège des facilitateurs avec à la tête le représentant spécial du secrétaire général des Nations-Unies en Afrique de l’Ouest, l’algérien Saïd Djinnit. L’objectif de ce dialogue est de permettre à tous les acteurs politiques de prendre part aux prochaines élections législatives prévues le 30 juin.

(De notre correspondant à Conakry)

L’ensemble des acteurs politiques et issus de la société civile ont répondu présents ce lundi au Palais du peuple de Conakry pour répondre à l’invitation du facilitateur onusien Saïd Djinnit. L’opposition dite républicaine était représentée par Cellou Dalein Diallo de l’UFDG, Lansana Kouyaté du PEDN, Sidya Touré de l’UFR et Aboubacar Sylla de l’UFC. Du côté de la mouvance présidentielle, on notait entre autres la présence de Dr Saliou Bella du parti AFIA, de Hadja Nanténin Chérif. Le Premier ministre Mohamed Saïd Fofana et quelques membres du gouvernement étaient également de la partie.

Si à l’issue de cette première rencontre aucune décision majeure n’a découlé, il faut noter cependant que cette journée a permis aux acteurs politiques guinéens de se rencontrer et de se parler. Ce qui est un acquis pour le facilitateur. Autre point, elle a permis aux acteurs de définir les modalités du dialogue.

Au cours de cette réunion, l’opposition a brandi ses revendications habituelles qu’elle juge indispensable avant tout dialogue à savoir le départ de l’opérateur de saisie sud-africain, Waymark, chargé d’élaboré le fichier électoral, la participation des guinéens de l’étranger au vote. « Nous avons proposé un ordre du jour qui repose sur l’examen de l’opérateur Waymark-Sabari, du vote des guinéens de l’extérieur, du fonctionnement de la CENI et du nouveau chronogramme des élections. Aussi, nous avons demandé la libération de tous les militants de l’opposition actuellement incarcérés dans le cadre des manifestations pacifiques », a précisé Cellou Dalein Diallo, chef de file de l’opposition. A ces points, poursuit-il, s’ajoute le report de la date du 30 juin prévue pour l’organisation des élections législatives.

Face à ces préalables de l’opposition, certaines sources proches de la mouvance présidentielle soutiennent que le président guinéen Alpha Condé est prêt à faire certaines concessions sauf le renvoi de l’opérateur de saisie Waymark. « Le président Alpha Condé n’acceptera pas de céder à Waymark », a indiqué notre source qui a gardé l’anonymat. Et d’ajouter : « Le président l’a annoncé récemment dans une interview qu’il a accordée à RFI que la question de l’opérateur est dépassée depuis longtemps. Cette phrase devrait vous donner à réfléchir. »

Alors que du côté de l’opposition, on estime que cette question de l’opérateur de saisie est non négociable. « Si vous voyez que Alpha Condé tient coûte que coûte à cet opérateur de saisie sud-africain, c’est qu’il y a un deal entre eux. Cet opérateur va l’aider à gagner les élections », rétorque un opposant.

Pour l’instant, les regards sont tournés vers le facilitateur onusien, Saïd Djinnit qui aura du pain sur la planche pour départager les deux camps.