Guinée : le banquier Damaro Camara porté à la tête de l’Assemblée nationale

Damaro Camara

Malgré la flambée des cas de contamination au Coronavirus, la neuvième Législature de Guinée a tenu sa séance inaugurale, ce mardi 21 avril 2020. Au terme de la séance présidée par le doyen Ibrahima Sila Bah, le député Damako Camara a été porté à la tête de l’Assemblée nationale.

C’est dans un contexte de propagation progressive du Covid-19 que la neuvième Législature de Guinée s’est retrouvée, ce mardi 21 avril 2020, en séance inaugurale sur convocation du président de la République, Alpha Condé. Au terme de cette première assise présidée par le doyen d’âge Ibrahima Sila Bah, le député Damaro Camara, désormais ex-président du Groupe parlementaire de la mouvance présidentielle a été porté au perchoir et il devient ainsi la deuxième personnalité de l’Etat.

C’est au terme du scrutin qui l’a vu engranger 98 voix contre 6 suffrages pour Mohamed Lamine Kaba du parti FIDEL son adversaire du jour. Auteur du livre intitulé « Le coup d’Etat manqué du colonel Diarra Traoré », le nouveau président de l’Assemblée nationale de Guinée a connu la prison en 1985, pour des accusations de complot. Banquier de formation, il a dû prendre le chemin de l’exil à sa libération, après trois longues années d’incarcération.

Elu député en 2013, il occupait le poste de président du groupe parlementaire RPG Arc-en-ciel, à la Législature précédente. A l’issue des élections législatives qui s’étaient tenues le 22 mars dernier après plusieurs reports et sur fond de boycott de l’opposition regroupée autour du Front National de Défense de la Constitution (FNDC) le RPG Arc-en-ciel, parti présidentiel, s’est retrouvé avec 79 siège sur les 114 possibles.

A noter que le FNDC a observé, ce même jour, de la séance inaugurale, un mot d’ordre « ville morte », « pour protester contre l’installation d’un Parlement illégal et illégitime issu de la mascarade du 22 mars, mais aussi contre l’arrestation et la détention illégales des responsables et partisans du FNDC ». « Il est hors de question de reconnaître ce groupe d’usurpateurs ainsi que la prétendue Constitution issus du coup d’État perpétré le 22 mars par Alpha Condé », souligne le FNDC dans les colonnes de la presse guinéenne.

Et ce mardi 21 avril, alors que la nouvelle Législature était en conclave, l’Agence Nationale de la Sécurité Sanitaire (ANSS) a fait état de 66 nouvelles contaminations au COVID-19 dans le pays, ce qui porte le nombre total de cas positifs à 688 dont 127 guéris et 6 décès.

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