Guinée : la polémique enfle après le premier tour de la Présidentielle

En Guinée, c’est une grosse polémique à la suite du premier tour de l’élection présidentielle qui s’est jouée dimanche 11 octobre dernier. Le patron de l’opposition menace, la communauté internationale appelle à l’apaisement.

Le message du chef de la mission d’observation électorale de l’Union Européenne, Frank Engel, qui, en conférence de presse, ce mardi, en Guinée, a invité les candidats en lice au premier tour de l’élection présidentielle du 11 octobre 2015, à saisir les juridictions compétentes en dit long sur la situation qui prévaut dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.

En effet, le chef de file de l’opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo en l’occurrence, se prépare à aller en guerre. Il a notamment appelé les Guinéens à se mobiliser pour barrer la route au camp d’Alpha Condé, quitte à y laisser la vie. « On ne meurt que si Dieu le veut », a lancé Dalein Diallo à l’endroit de ses militants et autres sympathisants. Suffisant pour que le chef de la mission d’observation électorale de l’Union Européenne insiste que « si contestation il devait y avoir, nous souhaiterions que le calme que nous avons connu pendant toute la journée du scrutin soit prolongé par la saisine de la Cour constitutionnelle compétente en matière électorale et que l’on ne transporte pas des griefs que l’on pourrait avoir, des contestations dont on peut considérer comme légitimes, de ne pas les porter dans la rue, mais devant les juges. Ils sont là pour connaitre, ils en connaitront ».

Mais Cellou Dalein Diallo ne partage pas cet avis, mettant en garde le camp d’Alpha Condé. « Ils veulent voler notre victoire, ayons le courage. S’ils disent qu’ils vont voler, c’est ce qu’ils cherchent (…). Mobilisez tout le monde. Je demande à tous nos militants de se tenir prêts », a lancé le patron de l’opposition à l’endroit du camp du Président sortant qui, encore blaie d’un revers de la main, estimant être « habitué à ce genre de de scénario où l’opposition crie au vol et au trucage. En 2010, c’était pareil, cette année encore, l’opposition remet ça ».

Mais l’inquiétude est immense, notamment chez les observateurs venus superviser les élection, et par leur voix, Frank Engel de l’Union Européenne est d’avis que « ce pays a connu assez de violences et de misère, non en liaison avec les élections. Nous souhaiterions que les Guinéens, de toutes obédiences partisanes, au-delà de leur système politique où ils le font déjà, s’approprient également leur système judiciaire et que les différends se résolvent désormais devant les juges et plus jamais devant les tombes ». Le feu couve en Guinée.