Guinée : l’opposition se retire de l’Assemblée nationale et menace

L’opposition guinéenne a décidé de suspendre sa participation à l’Assemblée nationale et de reprendre les manifestations.

(De notre correspondant à Conakry)

Ce lundi 9 juin, l’opposition guinéenne, réunie au domicile du président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), El Hadj Cellou Dalein Diallo, a décidé de suspendre sa participation à l’Assemblée nationale et de reprendre les meetings géants ainsi que les manifestations de rue.

« L’opposition a décidé de suspendre, jusqu’à nouvel ordre, sa participation à l’Assemblée nationale et de reprendre les meetings géants ainsi que les manifestations de rue, incessamment. Un calendrier vous sera communiqué sous peu. Nous allons informer la communauté internationale, le facilitateur, le gouvernement sur ces dernières décisions qu’on a prises », a indiqué le porte-parole de l’opposition, Aboubacar Sylla.

Par ailleurs, M. Sylla avait fait état d’un certain nombre de griefs à
l’encontre du gouvernement en place et a fustigé en ces termes : « Nous constatons qu’avec toutes les démarches que nous avons effectuées, le dialogue ne parvient pas à s’organiser et le gouvernement s’obstine toujours dans sa position. Ensuite, les
accords politiques du 3 juillet tardent toujours à être appliqués, les
institutions républicaines qui sont en place sont manipulées. Il y a
une interférence du pouvoir au sein de ses institutions : la CENI est
entrain de reprendre ses anciennes habitudes, l’accès libre et
équitable dans les médias publics et les places publiques à tous
les partis n’est pas une réalité ».

Il faut noter que la situation politique est délétère depuis quelques semaines. Et le peuple a l’impression d’assister à un dialogue
de sourds entre pouvoir et opposition. A noter que le pouvoir en place
a empêché à l’Union des Forces Républicaines de tenir son congrès, le
samedi 7 juin dernier, au Palais du Peuple. Ce qui a sans doute
accéléré cette décision de l’opposition de suspendre sa participation
à l’Assemblée nationale.