Guinée : l’opposition organise une journée ville morte, le 25 novembre

Quatre jours après la proclamation des résultats des Législatives par la Cour Suprême, l’opposition républicaine s’est retrouvée ce mercredi 20 novembre, au siège du leader du Parti de l’Espoir et du Développement National (PEDN), Lansana Kouyaté, pour faire le point sur la situation.

(De notre correspondant à Conakry)

L’opposition guinéenne s’est retrouvée ce mercredi 20 novembre, au siège du leader du Parti de l’Espoir et du Développement National (PEDN), Lansana Kouyaté, pour faire le point sur la situation, quatre jours après la proclamation des résultats des élections législatives par la Cour Suprême.

Ainsi, à la sortie de leur plénière, Aboubacar Sylla leur porte parole a déclaré : « Nous nous sommes retrouvés au lendemain de ces élections législatives pour d’abord fustiger les violences policières qui continuent de s’exercer sur les pauvres populations guinéennes. Nous avons déploré l’assassinat par les forces de l’ordre d’un jeune nommé Aziz Baldé, âgé de 15 ans, et qui habite le quartier Cosa. Et nous avons également déploré les violences qui sont exercées sur les journalistes en exercice de leur profession. Nous avons déploré ce qui s’est passé devant le chef de l’Etat en personne et qui concernait un journaliste de Tamata fm, Diangolo Barry, nous avons déploré aussi ce qui s’est passé au niveau de la radio Planète Fm où un journaliste s’est senti persécuté et a dû faire recours aux populations pour se sauver d’une situation de détresse dans laquelle il se trouvait ».

Selon M. Sylla, l’opposition a décidé de « saisir le Secrétaire général des Nations Unies à travers un courrier dans lequel nous allons réaffirmer notre refus d’accepter ces élections truquées, nous allons réaffirmer toutes les fraudes, toutes les imperfections, nous allons rappeler tout ce qui a fait que ces élections législatives ont constitué pour nous une véritable mascarade électorale et nous allons joindre à ce courrier une documentation suffisamment fournie pour attester de la véracité de nos accusations. Ce courrier sera également transmis à l’Union Africaine, à la CEDEAO et à l’Union Européenne. Nous avons également décidé d’organiser une journée ville morte le lundi 25 novembre prochain. Nous appelons donc toutes les populations de Conakry à observer ce jour, une journée ville morte pour protester contre la démission de la Cour Suprême et le fait que cette institution se déclare incompétente pour juger du contentieux électoral, faisant de notre pays le seul au monde où aucun recours aux contentieux électoraux ne peut être examiné. Nous avions pour projet de définir notre position par rapport à notre participation ou non à l’Assemblée nationale. Comme vous le savez, nous avions demandé à consulter nos bases respectives pour que tous les partis politiques, sur la base du consensus, puissent consulter leurs différentes structures et arriver à une décision consensuelle. Il se trouve qu’au jour d’aujourd’hui, ce travail n’est pas encore achevé. C’est un processus de rapprochement des idées qui prend parfois du temps et certains partis politiques nous ont dit qu’ils ne sont pas encore prêts pour pouvoir donc décliner leur position par rapport à cette question importante. Donc nous avons reporté aux prochains jours la prise de décision concernant la participation ou non de l’opposition républicaine à la prochaine Assemblée nationale »

Reste à savoir quelle sera la réaction des autorités guinéennes après l’annonce faite par l’opposition de saisir la communauté internationale pour contester le vote du 28 septembre dernier, ainsi que la journée morte initiée.