Guinée : l’opposition continue d’exiger l’annulation du scrutin du 28 Septembre

Réunie le samedi 19 octobre dernier au domicile privé du leader de l’Union des Forces Démocratique Guinée, Cellou Dalein Diallo, l’opposition guinéenne a réitéré sa demande d’annulation des élections législatives du 28 septembre dernier. Elle décide toutefois de porter des recours devant la Cour Suprême pour justifier ses arguments.

(De notre correspondant à Conakry)

L’opposition guinéenne a décidé de maintenir sa position et de demander l’annulation du scrutin « en raison des fraudes massives enregistrées ici et là » le jour du vote, selon le chef de file de la contestation, Cellou Dalein Diallo. « Nous avons constitué des dossiers avec des preuves irréfutables que nous allons néanmoins adresser à la Cour Suprême », indique-t-il.

Autre décision prise lors de cette rencontre de l’opposition, c’est d’avoir accepté de répondre à l’invitation du Comité de Suivi dirigé par le représentant des Nations-Unies en Guinée, l’Algérien Saïd Djinnit, au sein duquel elle avait suspendu sa participation, au lendemain du scrutin.

Du côté de la mouvance, on affirme avoir « pris acte » des résultats provisoires déjà contestés. « Nous estimons que les résultats qui ont été publiés ont été tronqués par la non prise en compte d’un certain nombre de bureau de vote ou de certaines pratiques qui ont dénaturé la sincérité du vote. Je crois que nous pouvons nous réjouir tous que la légalité puisse s’imposer et que les recours des uns et des autres soient présentés devant la juridiction suprême de notre pays », soutient Kiridi Bangoura, ministre Secrétaire général à la présidence.

A pied d’œuvre pour désamorcer une crise post-électorale en gestation, la communauté internationale joue l’apaisement. A la Cour Suprême, où les résultats provisoires devront être transmis ce lundi 21 octobre, Saïd Djinnit a appelé à « un traitement rigoureux et impartial des cas de manquements et d’irrégularités ». Le représentant spécial de Ban Ki-moon a par ailleurs renouvelé son appel à la retenue et encouragé les parties impliquées dans le processus électoral à maintenir le calme et la tranquillité qui prévalent à Conakry et dans le reste du pays depuis le scrutin.

Les regards sont maintenant tournés vers la Cour Suprême qui a deux semaines pour proclamer les résultats définitifs, comme la loi le dispose. Et en attendant, l’opposition n’exclut pas de recourir aux manifestations de rues pour contraindre à l’invalidation des résultats. « Si jamais la Cour Suprême ne procède pas aux annulations et aux corrections que les partis de l’opposition républicaines auraient demandé, nous déciderons des actions à mener. Les manifestations ne sont pas exclues », menace Diallo.

Il est à rappeler qu’à l’issue de la proclamation par la CENI, le RPG Arc-en-ciel a obtenu 18 sièges (uninominal), 35 (proportionnel) – Total 53, l’UFDG en a obtenu 14 (uninominal) et 23 (proportionnels) – Total 37 députés, l’UFR en a obtenu 5 (uninominal) et 5 (proportionnel) – Total 10 députés, l’UPG en a obtenu 1 (uninominal) et 1 (proportionnel) Total 2 députés, le PEDN a obtenu 0 ( Uninominal) et 2 (proportionnel) Total 2 députés.