Guinée Equatoriale Acte II : l’émergence

Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, Président de la République de Guinée équatoriale

La première journée du Symposium Emerging Equatorial Guinea (Guinée Equatoriale Emergente) a permis un approfondissement direct des échanges entre les acteurs publics, principaux responsables ministériels, et les investisseurs du monde entier : russes, turcs, brésiliens, américains, allemands, britanniques, espagnols ou français… Occasion aussi d’un retour sur le formidable parcours économique du pays.

Lorsque la Guinée Equatoriale accède à l’Indépendance, en 1968, après dix ans d’une autonomie concédée par l’Espagne, le pays n’a pas d’infrastructures, ni scolaires, ni médicales, ni administratives. C’est alors l’un des pays les plus pauvres de l’Afrique centrale, ainsi que le rappelait le Ministre des Finances et du Budget, Marcelino Owono Edu. Quarante-cinq ans plus tard, c’est probablement l’un des plus riches.

La dernière décennie a en effet été celle d’une transfiguration de la Guinée Equatoriale : grâce à la manne pétrolière, intelligemment investie dans les infrastructures de communication, on circule désormais facilement en Guinée équatoriale. Et cette facilité de communication constitue de fait un accélérateur pour le développement d’un pays partagé en deux régions : la région insulaire, avec l’île de Bioko, au large du Cameroun, et où se situe la capitale, Malabo, et la région continentale, enclave située entre le Cameroun et le Gabon, en face de l’archipel de Sao Tome et Principe.

Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, Président de la République de Guinée équatoriale

Depuis dix ans en effet, le développement de la Guinée Equatoriale est réalisé à marche forcée, sous l’égide de son Président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo : développement du système de santé, avec un rôle pionnier dans la lutte contre le paludisme qui a fait régresser de près de 90% le nombre de décès par paludisme au cours des cinq dernières années, selon les observations de l’OMS ; développement du système scolaire, avec une formation accélérée d’enseignants formés à la pédagogie interactive pour gérer des classes à plusieurs niveaux ; mise sur pied d’un système universitaire et de formations professionnelles…

Equipe d'Euronews au Palais des Congrès de Sipopo

Autant d’actions politiques fortement revendiquées par le Ministre Gabriel Mbega Obiang Lima, en charge des Mines, de l’Industrie et de l’Energie, qui défend avec feu le « caractère exemplaire » de cet engagement de l’Etat au service du partage, par tous, des fruits de la croissance.

Dernier effort en date, la mise en place d’un vaste programme de développement de l’habitat salubre, avec des maisons simples mais confortables (eau courante, assainissement, électricité) dans des quartiers périurbains dotés de toutes les facilités (routes, rues, trottoirs, commerces, services) proposées en accession à la propriété dans des conditions privilégiées (garantie de 1,5 million de Francs CFA seulement, puis règlement de la dette à tempérament, en fonction des revenus, jusqu’à couverture de dix millions de Francs CFA, prix total de la maison).

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Seule ombre au tableau de cette économie fortement soutenue par l’investissement public alimenté par la rente pétrolière, le faible développement du secteur privé, pointé du doigt, dans son exposé, par le Ministre Marcelino Owono Edu. En effet, l’entrepreneuriat a longtemps pâti de la pauvreté du pays, de l’absence de formation aux affaires, de la faiblesse d’un secteur bancaire qui, jusqu’à récemment, ne pouvait prêter à long terme sur des initiatives privées.

C’est précisément sur ce point que réside la clef du développement futur de la Guinée équatoriale « à l’horizon 2020 », ainsi que l’a tracé le Président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo au cours de cette journée de Symposium : il faut inciter l’investissement privé à prendre le relais de l’action publique dans le développement économique équato-guinéen.

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Ainsi, le Fonds Public de « conversion », baptisé « Holding Guinée Equatoriale », de 800 millions d’€, dont il a annoncé la création, interviendra en co-investissement avec les acteurs privés internationaux, afin de les inciter à prendre plus de risques et de libérer les initiatives industrielles, agricoles, forestières, les entreprises de pêche, mais aussi de services, de télécoms, de pétrochimie évidemment. Nombreux sont les secteurs de croissance pour lesquels la Guinée Equatoriale mise désormais sur cette forme nouvelle de « partenariat public-privé », afin d’accélérer le développement d’une économie concurrentielle et dynamique sur l’ensemble du territoire.

A en juger par les échanges nourris qui se sont déroulés toute la journée au cours des ateliers sectoriels, il paraît clair que cette politique d’ouverture rencontre un intérêt significatif du côté des investisseurs internationaux présents à Malabo pour le Symposium Emerging Equatorial Guinea… Quelles seront les suites concrètes? Il est encore un peu tôt pour répondre.