Guinée Equatoriale : 60 morts dans un crash d’un avion

Un avion de la compagnie nationale équato-guinéenne Ecuatair s’est écrasé samedi à 30 kilomètres au sud de Malabo. L’avion de l’époque soviétique transportait au moins 60 personnes, en majorité des femmes et des collégiens. Aucun d’entre eux ne semble avoir survécu. Le Président Teodoro Obiang Nguema a décrété trois jours de deuil national.

Par Anna-Alix Koffi

Aucun survivant dans le crash d’un avion de la compagnie Ecuatorial express airlines (Ecuatair) survenu samedi, dans une zone montagneuse de l’île de Bioko, en Guinée Equatoriale. Au moins 60 victimes sont à déplorer ; on compte parmi elles principalement des femmes, des collégiens et lycéens en vacances. Bilan confirmé à l’agence Reuters par le ministre de l’information, Alfonso Nsue Mokuy. L’Antonov Yak-40, avion de l’époque soviétique, assurait une liaison entre l’île de Bioko et Bata, la capitale située sur la partie continentale du pays. L’appareil a décollé peu après 10 heures (9 heures GMT) pour disparaître des radars quelques minutes plus tard.

Selon le témoignage de l’employé d’une exploitation pétrolière off-shore à l’Agence France Presse (AFP), des flammes seraient apparues sur l’un des flancs de l’appareil peu de temps après son décollage, l’avion aurait tangué avant de s’écraser. L’accident est survenu à une trentaine de kilomètres au sud de Malabo, principale ville de Bioko, dans une zone montagneuse et difficile d’accès. C’est seulement après plusieurs heures de marche à 1000 mètres d’altitude, samedi vers 18 heures, que les premiers secours ont pu atteindre la carcasse carbonisée.

Catastrophe nationale

La catastrophe a été officiellement annoncée dimanche matin lors d’une allocution radiophonique du Président Téodoro Obiang Nguema. « Notre population est en train de traverser les pires moments de douleur, de consternation et de tristesse jamais connue dans son histoire, conséquence du tragique accident aérien qui a causé la mort de 60 Equato-guinéens, pour la plupart des jeunes et des femmes », a déclaré le Président, avant de décréter trois jours de deuil national du lundi 18 juillet à minuit, au mercredi suivant à midi. Ce décret stipule entre autre que « Les stations de télévision et de radio ainsi que les lieux récréatifs devront annuler leurs programmes de divertissement et musicaux» et que « le drapeau national sera mis en berne sur tous les bâtiments officiels », précise le site du Nouvel Observateur. Le Président Obiang Nguema a demandé l’ouverture d’une enquête sur les causes de l’accident.

Désarroi

Selon l’AFP, les Equato-guinéens n’ont eu la confirmation officielle du crash que dimanche matin. Celle de l’absence de survivant n’est venue que plus tard dans l’après midi. Plusieurs milliers des 150 000 habitants de Malabo se sont rassemblés devant l’hôpital qui, rapidement, a dû être gardé par des militaires. Tous attendaient de plus amples informations.

L’identification des victimes risque d’être très longue voire impossible puisqu’aucun corps n’a été, pour l’heure, retrouvé entier. L’AFP rapporte également que des premiers restes humains carbonisés rassemblés dans des sacs plastiques ont été acheminés dimanche après-midi à l’hôpital général de Malabo. Par ailleurs, le nombre des victimes risque de ne pouvoir être réellement établi : il n’est pas inhabituel que des passagers paient les membres d’équipage pour voyager alors qu’il n y a plus de places disponibles.

Un « coucou » de l’époque soviétique

Les 19 compagnies locales, dont Ecuatair, utilisent des avions de l’époque soviétique (Union Soviétique, 1922-1991, actuelle Russie). Quarante deux de ces avions étaient utilisés en 2004 sur l’ensemble de la flotte équato-guinéenne. Certains d’entre eux, ne répondant plus aux normes internationales de sécurité, sont interdits d’atterrissage dans plusieurs aéroports de la sous région. C’est l’un de ces vestiges qui s’est écrasé samedi. Le modèle incriminé, l’Antonov Yak-40, est un avion de transport civil et militaire construit en Ukraine, alors soviétique, entre 1959 et 1978. Il a une capacité de 5500 kilos. Conservant l’anonymat, un responsable local de l’aéronautique à confié à l’AFP que les normes du constructeur limitait le nombre de passagers à 52 dont 4 membres d’équipages. Le Yak-40 de l’Ecuatair transportait au moins 60 personnes. Dans les premières heures suivant le drame, la compagnie ne déclarait que 35 passagers et 10 membres d’équipage.

La Guinée Equatoriale est un petit pays (28 051 km2) composé d’une partie continentale enclavée entre le Cameroun et le Gabon, et d’une partie insulaire comprenant les îles de Bioko et d’Annonbôn. Les 19 compagnies aériennes équato-guinéennes se partagent les liaisons quotidiennes entre ces trois parties. Les 4 et 26 mai dernier, deux compagnies privées de la République démocratique du Congo avaient vu s’écraser deux Antonov, faisant au total 32 morts.