Guinée: des funérailles nationales pour Ibrahima Fofana

Figure emblématique du mouvement syndical guinéen, le Dr Ibrahima Fofana, 57 ans, sa collègue Magbé Bangoura et deux journalistes de la Radio-télévision guinéenne (RTG), Aboubacar Lansana Camara et Lamba Mansaré, morts vendredi soir dans un accident de voiture, ont rejoint leur dernière demeure. Ils ont été inhumés lundi soir au cimetière de Cameroun à Conakry, après avoir reçu tous les hommages du peuple de Guinée au Palais du peuple où leurs corps étaient exposés. Reportage.

Notre correspondant en Guinée

Tout a commencé à la morgue d’Ignace Deen, un des plus grands hôpitaux du pays, où la levée des corps s’est déroulée, ce lundi, déclaré férié par les autorités. Puis le cortège funèbre s’est ébranlé en direction de la Bourse du travail et du siège de l’USTG, Union syndicale des travailleurs de Guinée, au centre-ville, suivie d’une foule nombreuse.

Déjà, à la Bourse du travail qui abrite l’autre puissante organisation syndicale du pays, (Confédération nationale des travailleurs de Guinée, CNGT) dirigée jusque-là par Rabiatou Serah Diallo, il a plu des messages d’hommages inscrits sur des pancartes et autres banderoles. « Dr Fofana, ton rêve pour une Guinée prospère, ton rêve pour une Guinée démocratique, ton rêve pour une Guinée paisible, le mouvement social le réalisera…. Ce que tu as voulu pour la Guinée, la Guinée te le rend aujourd’hui… » Sur le trajet, lamentations, cris et pleurs se mêlaient, portant l’émotion à son comble.

Plus de 5000 personnes ont accompagné les dépouilles

Au Palais du peuple, où les corps des illustres combattants de la liberté, comme on les appelle désormais en Guinée, c’est le premier ministre Jean Marie Doré qui a présidé à la cérémonie. Il a déclaré que le Dr Ibrahima Fofana et ses compagnons sont morts debout au front, armes à la main. Ils étaient chargés de ramener le calme et de négocier la reprise du travail à l’usine d’alumine de Fria, après plusieurs semaines de grève. Le premier ministre a magnifié les réalisations du Dr Fofana, dont le combat a permis à la Guinée de retrouver ses repères dans le combat pour la liberté, mais aussi et surtout pour l’amélioration de la qualité de vie des travailleurs guinéens. C’est, par exemple, grâce à sa lutte en symbiose avec Rabiatou Serah, que le gouvernement guinéen a accédé à la demande d’augmentation des salaires à hauteur de 50%, suite à la dernière hausse des prix des produits pétroliers.

Pour sa part, au bord des larmes, Rabiatou Serah Diallo devenue présidente du Conseil national de la transition s’est engagée à continuer l’œuvre entreprise par son « frère jumeau ». Se tournant vers la dépouille de M. Fofana, elle s’est exclamé : « Mon frère jumeau, tu n‘es pas mort, tu ne mourras jamais, que Dieu t‘accueille dans son paradis…. » De nombreux autres témoignages ont été dits en faveur des disparus par diverses personnalités du pays.

La fin de la cérémonie a été marquée au palais du peuple, archicomble, par les distinctions à titre posthume, pour leurs nobles et loyaux services rendus à la nation. A noter que plusieurs personnalités guinéennes et institutions internationales étaient présentes. Entre autres, pêle-mêle, membres du gouvernement, leaders politiques, anciens premiers ministres. Sans oublier l’ancien président de la première législature multipartite, El hadj Boubacar Biro Diallo, et l’ex-première dame de la république madame Henriette Conté.

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