Guinée: Conakry paralysée

Suite à la réduction de 1500 francs guinéens le prix du carburant à la pompe, les populations de Conakry qui trouvent insignifiante cette baisse, ont commencé, lundi 3 novembre, des manifestations de protestation à travers la capitale. On signale déjà plusieurs arrestations dans les rangs des manifestants, majoritairement composés de jeunes.

Notre correspondant en Guinée

Depuis ce matin, la capitale guinéenne est paralysée. Et pour cause, le gouvernement guinéen n’a pas réduit le prix du carburant à la pompe conformément aux attentes de la population. «Le gouvernement devait diminuer le prix à la pompe jusqu’à hauteur de 3500 francs guinéens, puisque le prix du baril a baissé d’au moins plus de 60 pour cent sur le marché international…», nous a confié un jeune enseignant de lycée au lendemain de la réduction du prix du carburant par le gouvernement de 7000 à 5500 francs guinéens.

S’agissant des manifestations de rue, elles ont commencé dans des quartiers reconnus  »rebelles » à Conakry. Il s’agit de Bambéto, Hamdallaye, Cosa, Hafia … où les jeunes ont très tôt ce matin brûlé des pneus sur les routes. Aussitôt, l’intervention des forces de sécurité ne s’est fait attendre pour disperser les manifestants à coups de gaz lacrymogènes, parfois en tirant des coups de feu. Elles tentent aussi par moment de débarrasser les rues comme elles peuvent des cailloux et pneus.
Prise de panique, la majorité écrasante des conakrykas a préféré se terrer chez elle.

Affrontements entre jeunes et forces de l’ordre

En conséquence, depuis le matin le commerce, les marchés sont restés fermés au même titre que les stations d’essence. Même les cybercafés en haute banlieue sont encore fermés. Répercution immédiate : la paralysie de la circulation. Du reste, il n’y a pas de taxis. Ce sont quelques voitures personnelles qui circulent actuellement à Conakry.

Il faut rappeler que le gouvernement, qui avait eu vent de cette manifestation d’aujourd’hui, avait par la voix du gouverneur de la ville de Conakry, tenté sans succès de dissuader les mouvements de protestation tendant à troubler l’ordre public. «Aucun regroupement n’est autorisé», avait prévenu hier soir, sur les antennes de la radio télévision nationale, Soriba Sorel Camara.

Pour l’heure, aucune déclaration officielle du gouvernement n’est enregistrée. Et les patrouilles des forces de l’ordre continuent.

Pour mémoire, la derniere augmentation du prix du carburant de 4300 à 7000 est intervenue en février dernier au temps du gouvernement de l’ancien premier ministre Lansana Kouyaté.