Guinée-Bissau: Malam Bacaï Sanha contre Kumba Yala, le match retour

La commission nationale électorale (CNE) a déclaré ce jeudi que Malam Bacaï Sanha, candidat du PAIGC (au pouvoir), est arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle de dimanche dernier en Guinée Bissau. Avec un peu plus de 39% des suffrages, il devance l’opposant Kumba Yala. Un deuxième tour devrait opposer les deux candidats, le 2 août prochain. L’heure de la revanche a peut-être sonné pour Sanha qui avait déjà perdu face à Yala en 2000.

Les premiers résultats provisoires de la présidentielle bissau-guinéenne dont le premier tour s’est tenu dimanche dernier, placent Malam Bacaï Sanha, le candidat du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), au pouvoir, en tête du scrutin. C’est ce qu’a annoncé ce jeudi la commission nationale électorale (CNE). Il a obtenu 39,59% des suffrages et devance Kumba Yala du Parti de la Rénovation Sociale (PRS, opposition) qui, lui, recueille 29,42% des voix.

Un air de déjà vu. Le deuxième tour de cette élection opposera, le 2 août prochain, deux anciens chefs d’Etat dont les chemins se sont déjà croisés au deuxième tour d’une élection présidentielle. C’était en janvier 2000 au lendemain de la guerre civile de 1998-1999. Kumba Yala l’avait alors remporté avec 72% des votes.

Un taux de participation faible

L’heure de la revanche aura-t-elle sonné pour Malam Bacaï Sanha ? Il en est convaincu et a même promis de reconduire Carlos Gomes Junior à son poste de Premier ministre. Avant ce scrutin, Malam Bacai Sanha a déjà été candidat à deux élections présidentielles, sans succès. D’abord, à celle qu’il a perdue contre celui qu’il retrouve dans un nouveau duel le mois prochain, puis en 2005 face en Joao (Nino) Bernardo Vieira, le président assassiné en mars dernier. Politologue, le candidat du PAIGC est titulaire d’une licence en Sciences Politiques obtenue en Allemagne (ex-RDA). Il a été président de l’Assemblée nationale de 1994 à 1998 avant de devenir président par intérim en 1999 à la fin de la guerre civile.

Les Bissau-guinéens le préféreront-il, cette fois-ci, à Kumba Yala, l’homme au bonnet rouge ? Ce dernier, avant d’avoir été évincé de ses fonctions en 2003 par un coup d’Etat, avait dirigé le pays pendant près de trois ans. Fin mai, il avait déclaré qu’il n’avait pas d’adversaires politiques pour cette élection qu’il se disait sûr de remporter. Mercredi encore, il affirmait qu’il pourrait gagner dès le premier tour. Avant la mort de Joao Bernardo « Nino » Vieira, Kumba Yala faisait l’objet d’une poursuite pour diffamation, parce qu’il avait accusé le président assassiné d’être impliqué dans un trafic de drogue.

Les deux candidats devront donc être départagés le mois prochain par des électeurs qui se sont montrés moins enthousiastes au cours de ce scrutin, en raison de l’insécurité qui a prévalu pendant la période postélectorale. Le taux de participation a été de 60% contre 82% lors des législatives de novembre 2008. Après un premier tour qui s’est déroulé dans le calme, le second rencontrera peut être plus l’adhésion de la population. C’est en tout cas le souhait du président de la CNE, Desejado Lima Da Costa.

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