Guinée-Bissau : L’opposition demande le départ du contingent angolais

Des manifestants hostiles aux soldats angolais présents en Guinée-Bissau, se sont rassemblés mercredi devant l’ambassade d’Angola à Bissau, la capitale. La crise entre la mission angolaise d’assistance technico-militaire et l’armée bissau-guinéenne divise le gouvernement et l’armée. L’opposition, comme l’armée, est favorable à la révision de la coopération militaire entre Bissau et Luanda.

Quelques centaines de manifestants ont répondu à l’appel de l’opposition bissau-guinéenne et se sont retrouvés mercredi devant l’ambassade d’Angola à Bissau pour exiger le départ de l’armée angolaise. « Nous manifestons pour exiger le départ du contingent angolais de la Guinée-Bissau », a expliqué à RFI Fernando Mansonts, responsable de la jeunesse du Parti africain pour l’indépendance et le développement (PRID). La veille, le ministre angolais de la Défense, Cândido Pereira Van-Dúnem, apportait un message du président angolais José Eduardo dos Santos. Le sujet du message n’a pas été révélé mais il porte très probablement sur le départ du contingent.

Ce contingent, actuellement en mission en Guinée-Bissau dans le cadre d’une mission technique d’appui à la réforme dans le secteur de la défense et de la sécurité, fait l’objet d’une polémique entre l’armée et le gouvernement. L’armée guinéenne souhaite son départ, le gouvernement accuse l’opposition d’être derrière cette agitation.

Le Premier ministre sortant et candidat au pouvoir, Carlos Gomes Junior, est pour le maintien du contingent. « A cause de faux politiciens, un émissaire du président de l’Angola est venu nous dire que malheureusement le contingent angolais s’en va. Tout cela est l’œuvre de politiciens sans cervelle, sans programme, qui veulent à tout prix déstabiliser la Guinée-Bissau », a-t-il déclaré. Le gouvernement angolais a investi plus de 300 millions de dollars dans plusieurs secteurs en Guinée-Bissau. Avec le départ des Angolais, Carlos Gomes Junior a précisé que tous les projets dans lesquels l’Angola s’est investi tomberont à l’eau si le contingent s’en va.