Guinée-Bissau : attaque d’une caserne militaire

Un groupe de soldats a attaqué aux environs de 4h35 (heure locale), une caserne d’une unité d’élite de l’armée de terre située près de l’aéroport de Bissau, causant au moins 6 à 7 morts.

(De notre correspondant)

Selon un haut-officier de l’armée joint par Afrik.com, qui a requis l’anonymat, « c’est dans la nuit de samedi à dimanche que des hommes lourdement armés ont essayé de pénétrer à l’intérieur du camp militaire où se trouvaient plusieurs chefs militaires dont le général Antonio Indjai, chef d’Etat-major des forces armées bissau-guinéennes. Grâce à la vigilance de nos sentinelles, ils n’ont pas réussi leur coup. Il y a eu des échanges de tirs pendant presque 3 demi-heures avant que les assaillants ne se replient », raconte cet officier.

Toujours selon notre interlocuteur, des pertes ont été enregistrées dans les deux camps : « Ce dimanche matin aux environs de 8 heures, nous avons découvert six corps dont trois de nos hommes. D’importants dégâts matériels ont été notés pendant cette fusillade à l’intérieur du camp et à l’extérieur. Des vitres ont été cassées et une partie de notre matériel logistique endommagée », a-t-il souligné. D’autres sources parlent de sept morts, dont cinq assaillants.

L’origine de l’attaque armée

D’après un communiqué officiel diffusé à la télévision nationale, cette attaque porterait la marque du capitaine Pansau N’Tchama, chef du camp militaire de Kumura, un quartier situé au nord de Bissau. Le capitaine N’Tchama était rentré du Portugal où il suivait une formation militaire depuis trois ans. Les corps des assaillants, retrouvés aux alentours du camp militaire, seraient ses proches.

Cet officier, membre des « Bérets rouges », une unité d’élite de l’armée bissau-guinenne, est cité par plusieurs rapports comme étant le principal protagoniste dans l’assassinat de plusieurs hommes politiques et militaires, dont le président Joao Bernardo Vieira. Sa rébellion contre ses supérieurs s’expliquerait par la volonté du général Antonio Indjai de le livrer à la justice internationale. D’aucuns pensent aussi que cette attaque serait liée au refus du général Indjai de voir revenir d’anciens dignitaires du défunt régime, dont le premier ministre Carlos Gomez Junior, actuellement en exil : le capitaine Pansau N’Tchama serait alors le pion de l’ancien Premier ministre.

La frontière fermée avec le Sénégal

Avant midi le calme était revenu dans les rues de Bissau. Cependant la chasse à l’homme se poursuit dans les quartiers de la capitale. La frontière entre le Sénégal et la Guinée-Bissau est fermée dans la région de Kolda au sud du Sénégal, pour éviter que les assaillants ne la traversent.

Le général Antonio Indjai avait accusé, à l’occasion d’une de ses tournées dans les casernes au mois d’août dernier, l’ancien Premier ministre d’être responsable de nombreux assassinats. Cette attaque survient au moment où une force militaire ouest-africaine de quelques 600 hommes, composée de soldats du Burkina Faso, du Sénégal et du Nigéria, sécurise les bâtiments abritant les différentes institutions du pays.