Guerre politique en Algérie : Bouteflika recadre Saâdani !

Après plusieurs jours d’attaques et contre-attaques politico-médiatique-militaire en Algérie, à seulement quelques semaines de l’échéance présidentielle, Abdelaziz Bouteflika s’est exprimé, ce mardi, en mettant en garde ceux qui tenteraient de « s’en prendre » à l’armée.

« Nul n’est en droit, quelles que soient ses responsabilités, de s’en prendre à l’Armée nationale populaire ni aux autres institutions constitutionnelles (du pays) ». Ce message du Président Bouteflika sonne comme un désaveu pour Amar Saâdani, secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), qui, quelques jours plus tôt, s’était frontalement attaqué, par voie médiatique, au patron du DRS algérien, le général-major Mohamed Médiène, dit le général Toufik.

C’est à l’occasion du message de condoléances adressé ce mardi aux familles des victimes du crash de l’avion militaire survenu plus tôt dans la journée, ayant fait 77 morts, que le dirigeant algérien a tenté de mettre un terme aux querelles qui enflamment son parti.

Amar Saâdani, qui était allé jusqu’à annoncer la candidature « officielle » du Président, alors même que ce dernier ne l’a pas encore fait, avait appelé le général Toufik à « cesser de s’immiscer » dans les affaires politiques du pays. Appelant à l’instauration d’un « Etat civil », il a dénoncé l’existence d’un pouvoir occulte, en l’occurrence militaire, de vouloir diriger l’Etat et ses institutions, au lieu de protéger la nation et ses dirigeants.

Les déclarations du secrétaire général du FLN ont défrayé la chronique et lui ont valu un lynchage médiatique de la part de la quasi-totalité de la presse algérienne et d’une grande partie de la classe politique. Le patron du DRS aurait, quant à lui, l’intention de saisir la justice suite aux propos de Saâdani.

Dans un soucis de vouloir tempérer le jeu avant la date butoir de la Présidentielle, Bouteflika a affirmé que même si l’opinion publique est habituée « à des dépassements émanant de certains milieux à l’approche de chaque échéance (électorale), cette fois-ci, l’acharnement a pris une ampleur telle que notre pays n’a jamais connue depuis l’indépendance, allant jusqu’à tenter de porter atteinte à l’unité de l’Armée nationale populaire ainsi qu’à la stabilité du pays et à son image dans le concert des nations ».